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Une mort qui en vaut la peine

Donald Ray Pollock, Bruno Boudard

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Disponible aux éditions Albin Michel

Ce qu'en dit l'éditeur

  1. Quelque part entre la Géorgie et l’Alabama. Le vieux Jewett, veuf et récemment exproprié de sa ferme, mène une existence de misère avec ses fils Cane, Cob et Chimney, à qui il promet le paradis en échange de leur labeur. À sa mort, inspirés par le héros d’un roman à quatre sous, les trois frères enfourchent leurs chevaux, décidés à troquer leur condition d’ouvriers agricoles contre celle de braqueurs de banque. Mais rien ne se passe comme prévu et ils se retrouvent avec toute la région lancée à leurs trousses. Et si la belle vie à laquelle ils aspiraient tant se révélait pire que l’enfer auquel ils viennent d’échapper ?

Fidèle au sens du grotesque sudiste de Flannery O’Connor, avec une bonne dose de violence à la Sam Peckinpah mâtiné de Tarantino, cette odyssée sauvage confirme le talent hors norme de Donald Ray Pollock.

Traducteur : Bruno Boudard

Critique postée par :

Anthony Descaillot

Enfin ! Le nouveau Donald Ray Pollock est arrivé ! Depuis que j’ai découvert « Le diable, tout le temps » grâce au magazine LIRE qui l’avait nommé meilleur livre de l’année 2012, j’attendais avec impatience son nouvel opus. Ce premier roman avait été pour moi une révélation et je plaçais depuis cet auteur dans mes incontournables. Alors est-ce que ce retour a tenu toutes ses promesses ?

Dès les premières lignes, le style fait mouche. Avec sa plume à la fois exigeante, travaillée et efficace, Donal Ray Pollock m’a tout de suite capté. Et me voilà entraîné dans une nouvelle épopée débridée qu’il manie si bien. Comme d’habitude, l’atmosphère est sombre et les personnages atypiques. Car cet auteur s’intéresse aux miséreux comme personne. On entre au fin fond des terres pour découvrir la vie de prolétaires, de ceux qui n’ont pas eu de chance. On suit le destin de ces losers dont les seuls objectifs se résument à la bouffe, l’argent, la baise et la baston. Tout ce petit monde se croise dans des scènes cocasses où leurs plus bas instincts prennent le dessus. Mais même si leur comportement m’a très souvent consterné, l’auteur sait les rendre attachants dans leur naïveté et dans leur maladresse.

Ce deuxième roman est une réussite. Donald Ray Pollock a de nouveau fait parlé son génie. Il nous offre un western de paumés, qui est aussi passionnant que délirant. Un peu moins violent et sauvage que son prédécesseur, avec un peu plus de lumière, « Une mort qui en vaut la peine » est une aventure qui allie action, humour, sentiments et réflexions, pour mettre à jour la vie chaotique des petites communautés oubliées.

Oui, Donald Ray Pollock confirme son statut. Il prouve, s’il était besoin, qu’il est bien un des grands auteurs contemporains de romans noirs. Je vous recommande donc fortement ce petit bijou poisseux dans lequel il fait preuve d’une grande maîtrise. C’est jouissif et comme moi, vous en redemanderez !