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Le tatoueur d'Auschwitz

Heather Morris, Jocelyne Barsse

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Disponible aux éditions

Ce qu'en dit l'éditeur

Sous un ciel de plomb, des prisonniers défilent à l'entrée du camp d'Auschwitz. Bientôt, ils ne seront plus que des numéros tatoués sur le bras. C'est Lale, un déporté, qui est chargé de cette sinistre tâche. Il travaille le regard rivé au sol pour éviter de voir la douleur dans les yeux de ceux qu'il marque à jamais. Un jour, pourtant, il lève les yeux sur Gita et la jeune femme devient sa lumière dans ce monde d'une noirceur infinie.
Ils savent d'emblée qu'ils sont faits l'un pour l'autre. Mais dans cette prison où l'on se bat pour un morceau de pain et pour sauver sa vie, il n'y a pas de place pour l'amour. Ils doivent se contenter de minuscules moments de joie, qui leur font oublier le cauchemar du quotidien. Mais Lale a fait une promesse : un jour, ils seront libres, deux jeunes gens heureux de vivre ensemble. Deux personnes plus fortes que l'horreur du monde.

Critique postée par :

Yves Montmartin

Avril 1942, Slovaquie, chaque famille juive doit remettre un enfant, âgé de dix-huit ans ou plus, aux autorités pour l'envoyer travailler pour le gouvernement allemand. C'est pourquoi Lale se retrouve au mileu des autres, entassé dans un wagon à bestiaux, sa destination, Auschwitz. Lale va devenir le tatoueur d'Auschwitz, chargé d'incruster un numéro dans la peau de tous les êtres humains qui franchissent l'immense portail du camp.Il va faire la connaissance de Gita, qui avec d'autres filles est chargé de trier les biens confisqués aux nouveaux arrivants, vêtements, objets, billets,bijoux.

« Quand elles sont arrivées au camp, elles n'étaient encore que des jeunes filles, et maintenant, bien qu'aucune n'ait encore atteint l'âge de vingt et un ans, ce sont des femmes brisées, abîmées. »

Ce récit est avant tout une histoire d'amour entre deux êtres ordinaires dans un lieu qui a été témoin des pires inhumanités de l'homme envers l'homme. Par rapport aux nombreux autres témoignages que j'ai lus sur les camps de concentration, l'intérêt principal de ce récit est que Lale arrive à Auschwitz au tout début de l'édification du camp d'extermination et nous allons donc assister à sa construction, les baraquements et surtout les fours crématoires. L'histoire de Lale et de Gita est donc avant tout l'histoire d'Auschwitz jusqu'à la libération par les Russes. L'auteur évoque la vie quotidienne du camp, les brimades, la débrouille pour se nourrir, l'arrivée des premiers enfants, les polonais qui participe à cette construction, le sinistre docteur Mengele, l'arrivée des Russes, l'évacuation du camp.

« Dans un champ situé entre Auschwitz et Birkenau, ils doivent transporter d'énormes pierres d'un lieu à un autre, puis les reprendre pour les rapporter à l'endroit initial. Voilà en quoi consiste leur travail, des allers et retours incessants tout au long de la journée. »

Une écriture simple et efficace où l'auteur se contente de retranscrire la parole de Lale qui a gardé le silence pendant 50 ans craignant qu'on l'accuse d'avoir collaboré avec les nazis.Conçu au départ pour être le scénario d'un film, la forme de ce roman m'a étonné, le style m'a semblé complètement débridé, sans vraiment de construction, mais dans l'épilogue l'auteur, journaliste, explique que c'est la demande express de Lale de ne pas alourdir son histoire, il ne souhaite pas qu'elle soit romancée, mais livrée telle quelle. Il a fallu trois ans d'entretien à l'auteur pour gagner la confiance de Lale qui se livre doucement par bribes et réussir à démêler tous les fils de cette incroyable histoire. La postface écrite par Gary le fils de Lale et de Gita est un magnifique témoignage d'amour.