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La saison des feux

Celeste Ng, Fabrice Pointeau

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Disponible aux éditions

Ce qu'en dit l'éditeur

A Shaker Heights, banlieue riche et tranquille de Cleveland, tout est soigneusement planifié pour le bonheur des résidents. Rien ne dépasse, rien ne déborde, à l'image de l'existence parfaitement réglée d'Elena Richardson, femme au foyer exemplaire. Lorsque Mia Warren, une mère célibataire et bohème, vient s'installer dans cette bulle idyllique avec sa fille Pearl, les relations avec la famille Richardson sont d'abord chaleureuses.
Mais peu à peu, leur présence commence à mettre en péril l'entente qui règne entre les voisins. Et la tension monte dangereusement à Shaker Heights. Après Tout ce qu'on ne s'est jamais dit (Sonatine Editions, 2016), Celeste Ng confirme avec ce deuxième roman son talent exceptionnel. Rarement le feu qui couve sous la surface policée des riches banlieues américaines aura été montré avec tant d'acuité.
Cette comédie de moeurs, qui n'est pas sans rappeler l'univers de Laura Kasischke, se lit comme un thriller. Avec cette galerie de portraits de femmes plus poignants les uns que les autres, c'est aussi l'occasion pour l'auteur d'un constat d'une justesse étonnante sur les rapports sociaux et familiaux aujourd'hui.

Critique postée par :

Yves Montmartin

Dès les premières pages, nous connaissons au moins une partie de la tragédie qui va s'abattre sur ce quartier résidentiel de Cleveland, l'incendie d'une maison, mais tout l'intérêt du récit c'est de savoir comment on en est arrivé là. La maison appartient à Elena et Bill Richardson, un couple blanc riche qui incarne le succès à la fin des années 90. Ils y vivent avec leurs quatre adolescents dont Izzy la benjamine une enfant sauvage, indomptable, et désespérée qui dénote dans ce quartier où tout le monde s'entend bien et obéit aux règles, où tout paraît beau et parfait de l'extérieur, alors que le feu couve à l'intérieur.
Mais l'arrivée de Mia, une artiste énigmatique, avec sa fille Pearl, va bouleverser la tranquillité et attiser les braises jusqu'à provoquer l'embrasement dans ces familles si parfaites. « Toute sa vie, elle avait appris que la passion, comme le feu, était une chose dangereuse. Elle devenait si facilement incontrôlable. »

J'ai apprécié tout le talent de Céleste Ng d'impliquer tous ses personnages dans le récit, d'imbriquer leurs vies, leurs secrets, chacun allume des petits feux partout. Célest Ng va revenir sur le passé de chacun pour apporter les réponses au drame qui se joue. L'auteur sait explorer la société américaine et sa moralité qui prétend que le respect des règles peut éviter un désastre. Un roman sur la classe, la famille, la race, « Peut-être qu'à la naissance on devrait tous être confiés à une famille d'une autre race. Peut-être que ça résoudrait le problème du racisme une bonne fois pour toutes ? »

Une réflexion sur la maternité à travers trois portraits saisissants de femmes. L'une a été mère porteuse et a refusé au dernier moment de donner son bébé. La seconde a abandonné son enfant et fait tout pour le récupérer, la troisième prend la décision douloureuse d'avorter. « On en revenait encore et encore à la question suivante : qu'est-ce qui faisait de quelqu'un une mère ? Était-ce la biologie seule, ou était-ce l'amour ? »

Un roman noir captivant porté par une écriture vivante qui nous fait entrer dans le cœur des familles de ce quartier bien trop paisible. Céleste Ng m'avait agréablement surpris avec son premier roman tout en finesse « Tout ce qu'on ne s'est jamais dit », son second roman est un vrai coup de cour tant la qualité de l'écriture rejoint la qualité de l'intrigue