{{type}}
{{genre}}
{{register}}
Retourner à l'accueil

Légende D'Un Dormeur Éveillé

Gaëlle Nohant

Ajouter sur Collibris
Disponible aux éditions Éditions Héloïse d'Ormesson

Ce qu'en dit l'éditeur

Robert Desnos a vécu mille vies – écrivain, critique de cinéma, chroniqueur radio, résistant de la première heure –, sans jamais se départir de sa soif de liberté. Pour raconter l’histoire extraordinaire de ce dormeur éveillé, Gaëlle Nohant épouse ses pas ; comme si elle avait écouté les battements de son cœur, s’était assise aux terrasses des cafés en compagnie d’Éluard ou de García Lorca, avait tressailli aux anathèmes d’André Breton, fumé l’opium avec Yvonne George, et dansé sur des rythmes endiablés au Bal Blomet aux côtés de Kiki et de Jean-Louis Barrault. S’identifiant à Youki, son grand amour, la romancière accompagne Desnos jusqu’au bout de la nuit.

Légende d’un dormeur éveillé révèle le héros irrésistible derrière le poète et ressuscite une époque incandescente et tumultueuse, des années folles à l’Occupation.

Critique postée par :

Yves Montmartin

Parfois, on dirait que la vie se fatigue de vous éprouver. Que votre résistance a fini par la lasser, comme un enfant qui se détourne d'un jouet qu'il n'a pas réussi à briser.

Robert à ramené à Paris, Alejo un écrivain qui fut son guide à Cuba, un pays où l’on danse comme on fait l’amour. Avec eux on parcourt Paris, le quartier des Halles, où Robert a grandi entre les prostituées et les vendeurs à la criée, où chaque pas est un appel au ventre. Les bars de Montparnasse d’où s’échappent des rires, des éclats de voix, des sons d’accordéon. L’écriture pleine de vie et toujours juste de Gaëlle Nohant nous entraîne dans les pas de Desnos. Nous vivons avec lui, voici les surréalistes et ses amis Prévert, Aragon, Eluard,ces poètes qui savent crever de faim avec élégance et qui partage le peu qu’ils ont. Nous participons à sa brouille avec André Breton. Nous partageons son intimité avec Yvonne, sa belle chanteuse, qui fuit la tuberculose ,qui la tue, dans l’opium et de la cocaïne. On prend des cuites,on passe ses nuits au bal nègre. On croise également Cocteau,Pierre Berger, pablo Neruda, Garcia Lorca, Hemingway, jean-Louis Barrault, Picasso. Et puis il y a Youki,sa sirène, une femme fantôme, une femme fatale. Il y a des risques à s’éprendre d’une femme fatale. Leur amour sera fait d’orages et d’arcs-en-ciel.

Mais Robert et aussi un homme engagé, il aime jouer les provocateurs, les poils à gratter. Poète audacieux,il veut inventer, surprendre, ouvrir des voies nouvelles mais il court sans cesse après l’argent. Son père espère qu’un jour il va trouver un moyen sérieux de gagner sa vie. Révolutionnaire depuis l’enfance, c’est viscéral, une révolte permanente face à l’injustice. Il n’hésite pas à en découdre et à faire le coup de poing si nécéssaire. Il va apprendre à faire des faux papiers pour ceux qui ont besoin de disparaître. Gaêlle Nohant restitue la monté du nazisme, le front populaire, la guerre en Espagne, l’occupation allemande et ses restrictions alimentaires et de liberté où la vie et la mort se jouent sur un coup de dés. Robert s’engage dans la lutte clandestine, participe à des actions, se fait arrêter par la gestapo, se retrouve en camp de concentration où il va réussir à rappeler à ces camarades de captivité que la beauté les attend au-delà des ces murs sinistres, leur redonner espoir en leur lisant les lignes de la main.

Une biographie vivante, la France d’avant guerre est parfaitement rendue avec sa vie de bohème, son insouciance et sa folie. Un hommage à un poète et à un homme exceptionnel. Si j’ai eu un peu de mal à entrer dans cette lecture , les deux dernières parties vous accaparent totalement et se transforment en un roman émouvant, voir déchirant porté par une belle histoire d’amour entre Robert et Youki. Un roman qui m’a permis de connaître Robert Desnos poète, écrivain, critique de cinéma, chroniqueur radio, et résistant de la première heure.