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Tropique de la violence

Nathacha Appanah

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Disponible aux éditions Gallimard

Ce qu'en dit l'éditeur

«Ne t’endors pas, ne te repose pas, ne ferme pas les yeux, ce n’est pas terminé. Ils te cherchent. Tu entends ce bruit, on dirait le roulement des barriques vides, on dirait le tonnerre en janvier mais tu te trompes si tu crois que c’est ça. Écoute mon pays qui gronde, écoute la colère qui rampe et qui rappe jusqu’à nous. Tu entends cette musique, tu sens la braise contre ton visage balafré? Ils viennent pour toi.»

Tropique de la violence est une plongée dans l’enfer d’une jeunesse livrée à elle-même sur l’île française de Mayotte, dans l’océan Indien. Dans ce pays magnifique, sauvage et au bord du chaos, cinq destins vont se croiser et nous révéler la violence de leur quotidien.

Critique postée par :

Alain Dagnez

Orange mécanique dans les îles.
Qui n’a pas rêvé de finir le reste de son âge sous les paradis tropicaux ou, à tout le moins, y passer quelques vacances ? Ici la réalité est toute autre : à Mayotte, on ne peut pas penser que la vie est paradisiaque. Tout est violence ! Nathacha Happanah nous en raconte les drames.

Mo, ou plus précisément, Moïse, a été, en quelque sorte, sauvé des eaux. Sa mère, muzungu, c’est à dire étrangère, n’en sachant qu’en faire l’a abandonné à Marie, infirmière en mal d’enfants, qui se trouvait là. Il a un oeil noir et l’autre vert ; sûrement frappé par le Djinn.
Marie a le coeur fragile et Mo se retrouve seul à la recherche de modèles et rencontre Bruce, violent voyou, chargé de Chimiste, produit aliénant. Le chef de bande traficote et a investi Gaza, nom d’emprunt et quartier mal famé.
Nous allons suivre le long récit de la mort de Bruce. Chacun des personnages est convié à témoigner, même le mort, et raconte ce qui se passe de son point de vue. On rencontre Stéphane, d’une ONG, naïf et candide. On est saisi par la violence qui exsude à chaque phrase et ne s’explique pas. Elle fait partie du décor.
En arrière-plan, les questions re posent : pourquoi en est-on arrivé là dans ce joli et récent département français ? Les abandons, les vies en dents de scie, l’absence de l’Etat. Quoi qu’il en soit, Mo n’échappera pas à son destin, Bruce non plus : la violence est partout et nul ne peut imaginer y échapper.
C’est là le mérite de l’auteur, d’avoir mis en évidence la logique tragique d’une région en déshérence. La langue ne produit pas d’effets mais vise juste et, surtout, atteint son but. Quelques mots du vocabulaire local permet d’incarner en langue locale le déchaînement des violences. Tristes tropiques !
Alain Dagnez.