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Mémoire de fille

Annie Ernaux

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Disponible aux éditions Editions GallimardDisponible en Ebook

Ce qu'en dit l'éditeur

"J'ai voulu l'oublier cette fille. L'oublier vraiment, c'est-à-dire ne plus avoir envie d'écrire sur elle. Ne plus penser que je dois écrire sur elle, son désir, sa folie, son idiotie et son orgueil, sa faim et son sang tari. Je n'y suis jamais parvenue". Dans Mémoire de fille, Annie Ernaux replonge dans l'été 1958, celui de sa première nuit avec un homme, à la colonie de S dans l'Orne. Nuit dont l'onde de choc s'est propagée violemment dans son corps et sur son existence durant deux années.
S'appuyant sur des images indélébiles de sa mémoire, des photos et des lettres écrites à ses amies, elle interroge cette fille qu'elle a été dans un va-et-vient implacable entre hier et aujourd'hui.

Critique postée par :

Anthony Descaillot

Annie Ernaux a créé une œuvre presque essentiellement autobiographique. Chaque roman concerne une partie de sa vie. Pour « Mémoire de fille », l’approche a été plus difficile pour elle. En effet, les évènements intervenus en 1958 ont longtemps hanté l’autrice. Il lui a donc fallu du temps et attendre un âge avancé pour enfin s’y attaquer.

Longtemps, pour se préserver, elle avait rejeté ce passé dans les limbes de l’oubli. Elle a décidé de se décharger de ce poids. Pour se faire, elle s’est mise en retrait en observant la jeune fille qu’elle était, comme une personne étrangère. Ce mode de narration lui permet d’être objective et surtout de ne pas tenir compte de ses sentiments. Elle s’en tient uniquement aux faits. Elle peut ainsi regarder les évènements de l’époque avec ses yeux d’aujourd’hui. Ce qui lui paraissait honteux et inavouable, peut enfin être porté au grand jour.

Je comprendrais que certains/es jeunes lecteurs/rices trouvent le désarroi de cette adolescente un peu exagéré par rapport au monde moderne. Mais il faut replacer les évènements dans leur contexte et bien prendre en compte les usages de l’époque. En effet la réputation d’une adolescente était très vite faite et des choses acceptées aujourd’hui avec la libération progressive de la femme, ne l’auraient pas été jadis. C’est pour cette raison que l’autrice a souffert des quand-dira-t-on et qu’elle en gardait un très mauvais souvenir.

Même si la deuxième partie du texte, moins recentrée sur l’affaire, m’a un peu moins passionné, j’ai pris beaucoup de plaisir avec ce court roman. L’écriture d’une grande dextérité, aussi exigeante qu’agréable, dégage une somme de sentiments et magnifie ce souvenir difficile. En voulant expier ses « fautes », Annie Ernaux nous livre un concentré de littérature vraie, qui ne vous laissera pas indifférent.

https://leslivresdek79.wordpress.com/2018/05/05/383-annie-ernaux-memoire-de-fille/