{{type}}
{{genre}}
{{register}}
Retourner à l'accueil

Papillon de nuit

Roger Jon Ellory, Fabrice Pointeau

Ajouter sur Collibris
Disponible aux éditions le Livre de poche

Ce qu'en dit l'éditeur

Après l'assassinat de Kennedy, tout a changé aux États-Unis. La société est devenue plus violente, la musique plus forte, les drogues plus puissantes. L'Amérique a compris que si une puissance invisible pouvait éliminer leur président en plein jour, c'est qu'elle avait tous les pouvoirs.
C'est dans cette Amérique en crise que Daniel Ford a grandi. Et c'est là, en Caroline du Sud, qu'il a été accusé d'avoir tué Nathan Vernet, son meilleur ami.
Nous sommes maintenant en 1982 et Daniel est dans le couloir de la mort. Quelques heures avant son exécution, un prêtre vient recueillir ses dernières confessions. Bien vite, il apparaît que les choses sont loin d'être aussi simples qu'elles en ont l'air.
Récit d'un meurtre, d'une passion, d'une folie, ce roman nous offre une histoire aussi agitée que les années soixante..
R.J. Ellory est né en 1965. Après l'orphelinat et la prison, il devient guitariste dans un groupe de rhythm and blues, avant de se tourner vers la photographie. Il est notemment d'auteur de Seul le silence, Vendetta, Les Anonymes et Les Neuf Cercles. Papillon de nuit est son septième roman publié en France par Sonatine Éditions.

Critique postée par :

Lindsay Hardy

Premier roman de R.J. Ellory et Prix des lecteurs polar des éditions Livre de Poche, ce roman a toutes les qualités nécessaires pour en faire un coup de cœur. Un roman noir, engagé pour les droits civiques. Un roman politique et social qui retrace le portrait d'une certaine Amérique des années 50 à 80. Un roman d'amitié et d'amour où la fuite n'est pas une option. Alors que les critiques, qu'elles soient professionnelles ou pas, résonnent encore sur les pages et les écrans, moi, Lili, 32 ans, le crie haut et peu-être pas fort, mais j'ai eu assez de peine à le débuter. Pourquoi ? Pour le savoir, il va falloir me lire....

Caroline du Sud, années 50. Daniel Ford, six ans, croise pour la première fois la route de Nathan Verney. Une amitié alors indéfectible va unir les deux garçons. La vie de famille, l'église, les bêtises...tout aurait pu s'arrêter là jusqu'au jour où Daniel, pour défendre une jeune fille dont il est secrètement amoureux, déclenche une bagarre. C'est ainsi que la machine raciste s'enclenche. Parce que Nathan est noir. Parce qu'un blanc ne peut pas être ami avec un noir, surtout à l'aube dans les années 60. Jeunes adultes dans l'Amérique de J.F Kennedy puis de Johnson, en faisant l'expérience des premiers émois amoureux, ils vont également vivre la lutte des droits civiques, les meurtres, la guerre du Vietnam...le couloir de la mort. Car Nathan Verney est mort et semble-t-il sous les coups de son ami d'enfance Daniel Ford. Alors qu'en 1982, ce dernier attend son exécution, il se remémore ces années de bonheurs, d'errances et ses choix. A-t-il réellement tué son ami et pourquoi ? Le prêtre John Rousseau recueille ainsi les précieuses confidences d'un homme piégé derrière les barreaux.

Alternant récit du passé au présent carcéral, l'auteur tient là un outil merveilleux qui lui permet d'utiliser un large spectre historique. En retraçant la politique du pays, il en explique les conséquences sur sa population, notamment sur la vie des deux protagonistes...mais de façon inégale. La première moitié du roman m'a franchement ennuyé ! Certes, les sujets sont très intéressants mais énumérés soit de façon rapide ou au contraire noyé sous les détails. La seconde moitié quant à elle est à l'opposé. Alors que j'ai pris presque trois jours à lire la moitié, un seul jour m'a suffi pour la seconde. Pourquoi ? Tout simplement parce que le suspense s'emballe, le fil conducteur du meurtre prend de plus en plus de place pour attirer l'attention du lecteur sur un et seul fait.

Sous couvert de références musicales, de personnalités, de politiques ; notamment la guerre du Vietnam ; l'auteur essaie simplement de dénoncer ce régime américain et ses institutions. Comme une fascination de la violence des années 60, on se perd parfois dans les conflits et complots. Alors que les problèmes raciaux battent leur plein dans un pays divisé, les guerres internes au gouvernement sont à leur paroxysme. Quel est le vrai du faux ? Toutefois, le sujet des droits civiques est intelligemment bien mené puisqu'il fait malheureusement encore écho à notre époque. Triste monde.

Au-delà de l'ampleur historique, il s'agit ici d'un roman sur l'amitié. Cet amour si particulier qui lie ces deux personnes, de la vie à la mort résonne encore comme le principal pilier du roman. Mais encore une fois l'inégalité, cette fois des personnages, est saisissante. Alors que Nathan est sûr de lui, Daniel est naïf. Nathan, moteur de toutes leurs aventures entraîne Daniel avec lui avec les conséquences que l'on connaît. Comme un défaut de caractère, j'ai passé le roman à engueuler intérieurement Daniel à plus d'actions, plus de réactions !

Un roman irrégulier oui, mais une construction réfléchie comme documentée, peut-être trop d'ailleurs. Une fin devinée à des kilomètres a achevé cette lecture assez laborieuse, il faut bien l'avouer. Je terminerais tout de même par une note positive oui, c'est possible ! Malgré toutes mes remarques, il me semble qu'il se dégage l'essentiel dans ce récit : la célébration de la vie. Car en dépit de la guerre, des violences et des injustices, Daniel ne regrette rien sinon de vivre.

Comme toujours, je vous conseille un thé, cette fois-ci noir comme l'âme de ce roman, ainsi que des meringues à la framboise pour adoucir une époque qui ne l'est pas.