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Guider Les Enfants Autistes Dans Les Habiletés Sociales

Richoz Mélanie

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Disponible aux éditions De Boeck Supérieur France

Ce qu'en dit l'éditeur

Vous parlez de Mue ne va pas se faire sans y laisser de moi, tant ce petit et court roman est venu me chercher au plus profond de mon âme, au plexus, dans tous les recoins de mon corps, comme un serpent, un boa, qui vous pénètre (un sacré symbole d’ailleurs). Il s'est infiltré sous mes cicatrices, mes plaies et je l'ai lu comme assise sur le bord d'un ravin, en apnée, avide de cette sensualité découverte au fil des mots. Ce roman je l'ai caressé des yeux, couverture rouge-baiser, rouge-désir. Il m'a bouleversée, retournée, ensorcelée, envoûtée... J'ai succombé, viscéralement. Comme une porte entrebâillée, le début de quelque chose, la lumière peut être.

Mais Mue ce n'est qu'un roman et là est sa puissance. Là est la puissance de celle qui l'a écrit : Mélanie RICHOZ.

Diablotine Suisse, petit bout de bonne femme au regard pétillant caché derrière ses lunettes et à la plume malicieuse, généreuse, Mélanie c’est cela : Un désir farouche de plonger dans l'écriture, dans ses peurs, ses troubles, sa fragilité, sa volonté de renaître, dans la musicalité de ses textes, charnels et sensuels, la puissance des mots et d’une timidité, en faire une force et opérer un virage tout schuss made in Swissland. « Mélanie Richoz est attirée par ce qui trotte chez les gens… ce qui n’est pas lisse, ce qui trotte par le trou de la serrure et qui ouvre la porte de l’âme » (Stéphane Berney). Et quelle fée, une fée Clochette. Celle qui se penche sur votre berceau et d’un coup de baguette magique vous transforme et vous chavire le cœur et l’âme.

Diablesse à souhait, bonbon suisse rafraichissant comme un torrent vigoureux et emportant toute la beauté de la nature, insolente à souhait. Une **écriture poétique, sonore, musicale, sans fioriture, simple, qui transporte, submerge, galvanise. D**es histoires brèves, éphémères, intenses, denses, inavouables qui deviennent salvatrices, des fragments de vie, des polaroïds, des uppercuts, des mots, une poésie...

Mue est l'histoire d' "un homme qui se réveille un matin et découvre un piano à queue dans son salon " (dixit l'auteure). Un homme que nous avons furieusement envie d'égorger tant il peut paraître abjecte dans son désir d'aimer, de jouir du corps des femmes, de les baiser et de les laisser là sur le carreau de la salle de bain ou des toilettes. « […] les femmes, j'en baisais par paquets. De la baise mécanique. De préférence par derrière. Afin d'éluder leur regard qui bave l'inassouvissable besoin d'aimer, leurs mots muets qui quémandent et précèdent le besoin de parler. [...] Les femmes sont pitoyables ! »

Ce mâle c'est Jean, éditeur de père en fils. Jean sans scrupule, misanthrope, qui n’aspire qu’au rapport sans lendemain, sans tabous, jouissif, mécanique, puissant, « éphémère et atemporelle ». Jean, un homme qui n'aime qu'une chose : l'impersonnalité des chambres hôtel qui lui « permet d'être quelqu'un d'autre. Ou peut être vraiment soi ».

Et il y a Lucie... Ah Lucie... Lucie, une belle de nuit. Une « ventouse à aimer », un tourbillon, une lumière. Lucie pour qui « Faire l'amour de manière universelle [...] j'ai besoin de rencontrer ; chaque rencontre est un nouveau sillon dans mon histoire qui donne du sens à l'instant et qui fait que je ne suis plus tout à fait pareille après ». Lucie, sensualité à fleur de peau, un corps qui aime, qui s'abandonne au désir, qui s’abandonne tout simplement. Lucie qui n'a pas peur que d'une chose : être enfermée dans les attentes de l'autre, d'être éteinte et de mourir dans l'autre, l’Immortelle angoisse. Lucie et cette urgence à vivre, cette lumière au bout du tunnel, ce besoin de « sentir le monde, le percevoir, s'y reconnaître et le traduire. Pour vibrer avec lui. Pour partager ce qui ne se dit pas ».

Bref Jean et Lucie sont fait pour se rencontrer, s'aimer d'une façon torride, jouissive, ardemment. La rencontre se fait à hôtel de la Cigogne, tout un symbole pour un boa. Jean est happé par cette réceptionniste, qui d'un doigt, effleurant une page, cavalant sur les mots d'un livre, lui procure frissons, désirs. « Les pages se gonflaient à sa lecture, entière et investie mais d’une extrême lenteur. […] Elle y mettait une application scolaire où l’index, qui frottait le papier dans une musicalité chuchotée, jouait le rôle du curseur. » Lui qui domine devient dominé. « Les livres à la place des armes ». Une mue. Magnifique mue.

Et le piano dans tout ça... Je vous laisse découvrir le pourquoi de cet instrument, le pourquoi de cette présence.

Parce qu'il a des romans où le besoin vital de le lire et de le relire est primordial sur les sentiments et émotions qui jaillissent. Parce que Mélanie RICHOZ a une plume et une sacrée plume... parce que les mots jaillissent, tapent, éclaboussent, s'infiltrent sous les plis du cœur, tambourinent l'âme, ensorcellent les oreilles, captent le regard et ouvre les portes, Mue est du grand, très grand roman... Du grand Mélanie RICHOZ, slameuse de l'âme et poétesse des mots (et serrurier à ses heures pas perdues).

Mueest publié aux éditions Slatkine Muen'est pas disponible au format Ebook Le blog de Sabine : Le Blog du Petit Carré Jaune

Critique postée par :

Sabine et son petit Carré Jaune