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Les cigognes sont immortelles

Alain Mabanckou

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Disponible aux éditions le Seuil

Ce qu'en dit l'éditeur

A Pointe-Noire, dans le quartier Voungou, la vie suit son cours. Autour de la parcelle familiale où il habite avec Maman Pauline et Papa Roger, le jeune collégien Michel a une réputation de rêveur. Mais les tracas du quotidien (argent égaré, retards et distractions, humeur variable des parents, mesquineries des voisins) vont bientôt être emportés par le vent de l'Histoire. En ce mois de mars 1977 qui devrait marquer l'arrivée de la petite saison des pluies, le camarade président Marien Ngouabi est brutalement assassiné à Brazzaville.
Et cela ne sera pas sans conséquences pour le jeune Michel, qui fera alors, entre autres, l'apprentissage du mensonge. Partant d'un univers familial, Alain Mabanckou élargit vite le cercle et nous fait entrer dans la grande fresque du colonialisme, de la décolonisation et des impasses du continent africain, dont le Congo est ici la métaphore puissante et douloureuse. Mêlant l'intimisme et la tragédie politique, il explore les nuances de l'âme humaine à travers le regard naïf d'un adolescent qui, d'un coup, apprend la vie et son prix.

Critique postée par :

Anthony Descaillot

Alain Mabanckou situe son aventure dans les années 70, le jour de l’assassinat du camarade président Marien Ngouabi, et par conséquent celui du bouleversement de tout le système du pays.

Il nous entraîne dans la tête de Michel, un narrateur de 14 ans. Celui-ci nous dépeint avec précision son quotidien. Il nous fait visiter son village, son foyer, les magasins… On y croise ses parents, ses proches, ses camarades… Il nous fait part de ses pensées les plus intimes, de ses petits tracas de tous les jours et de ses petits plaisirs d’enfant. Il décrit tout et aucun détail ne nous est épargné. Grâce à ses précisions indiscrètes, inhérentes à son âge, on comprend parfaitement comment vivaient ses gens dans cette région à cette époque. Le réalisme est saisissant parce que raconté sans filtre. Le lecteur est transporté dans cet espace et dans ce temps et le dépaysement est total.

Par les yeux innocents et naïfs, on assiste aussi à des moments importants de l’Histoire du pays. Michel observe sans comprendre les dialogues des adultes. Ceux-ci découlent des évènements tragiques dont les conséquences auront une importance capitale dans le destin de la nation. Par son intermédiaire, l’auteur rend compte des incidents qui ont emmaillé son enfance et qui ont bouleversé le cours de sa vie.

Le texte est original dans sa structure. En effet, la tournure des phrases est volontairement enfantine et répétitive pour coller au mieux aux pensées de l’adolescent. La narration part dans tous les sens au gré de ses réflexions. Cela crée une lecture foisonnante, souvent drôle que certains/es pourront trouver fastidieuse sur la longueur. Pour ma part, j’ai adhéré au concept. A travers cette aventure, Alain Mabanckou se raconte et raconte son pays d’origine. Il mélange sa petite histoire intime à la grande Histoire pour créer un miroir de son passé et le partager avec le monde. C’était ma première expérience avec cet écrivain. J’ai beaucoup aimé cette découverte, qui sous ses airs de conte candide, m’a éclairé sur les conditions de ce coin du globe que je ne connaissais pas.

http://leslivresdek79.com/2018/08/25/402-alain-mabanckou-les-cigognes-sont-immortelles/