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Louve

Fanny Ducassé

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Disponible aux éditions T. Magnier

Ce qu'en dit l'éditeur

Il y avait une fois, tout au fond de la forêt, une jeune fille rousse qui vivait parmi les renards. Louve se mêlait à eux aussi facilement que le chocolat se mêle au lait, car les animaux de feu savaient la reconnaître. Louve est l'objet d'une étrange malédiction. Un jour, elle fait une rencontre qui va changer sa vie...

Critique postée par :

Sabine et son petit Carré Jaune

« L’existence de Louve aurait été aussi douce et moelleuse qu’un couetton en plumes d’oie, si elle n’avait été l’objet d’une étrange malédiction. Ses cheveux s’enflammaient lorsqu’elle se laissait submerger par ses émotions. Des flammes rousses poussaient sur sa tête à la moindre occasion. »

Comment vous dire que je me suis laissée convaincre par Gaëlle la Libraire qui a eu la délicatesse de me présenter ce petit livre jeunesse. Comment vous dire que Louve de Fanny Ducassé m’a séduite, a fait bondir autour de moi de douces images de feuilles séchées d’automne, de forêts aux couleurs orangées, de rousseurs amoureuses. Comment vous dire que ce tout petit livre vaut à lui seul, les grands contes, les grandes histoires que l’on murmure à nos enfants le soir avant de se coucher.

Louve vit au fond d’une forêt, dans une cabane faite en bois. Elle élève des petits renardeaux à la fourrure rousse comme elle, comme le soir quand le ciel rosi, jauni. Ils se ressemblent, se reconnaissent et vivent autour d’une tasse de chocolat chaud, autour d’un feu de bois, de joie. Ils dansent la nuit venue autour de ce foyer chaud et glapissent ensemble le temps d’une chanson. Au moment du coucher, Louve enlève les chaussettes des renardeaux, les glisse au pied du lit, les borde et leur fait le baiser. Tout est douceur, sensibilité, beauté. Mais Louve subit une étrange malédiction : à la moindre émotion, des flammes rousses poussent sur sa tête et la seule possibilité pour elle d’éteindre ce feu qui se propage dans son âme et de se rendre à toute vitesse au ruisseau où l’eau glacée engourdit son cœur. Cachée sous son masque de loup, elle se camouffle, laisse l’eau ruisseler et éteindre le feu. Jusqu’au jour où Louve traquant le pied-de-mouton entend un bruit. Un bruit qui lui fait soulever son cœur et écarquiller ses yeux.

Deuxième album jeunesse de Fanny Ducassé (qui a depuis publié son premier «de la tarte au citron, du thé et des étoiles »), Louve est un livre qui aborde la différence, les difficultés de gérer ses émotions, l’amour maternel, l’amour tout court. Pudique, sensible, au vocabulaire surprenant et beau, Louve a tout eu pour me plaire. L’histoire est d’une douceur, beauté, sensibilité et donne envie de se glisser au fond de cette forêt, de laper une tasse de chocolat chaud et se glisser sous les draps, se laisser border et aller à la rencontre de cet homme-loup, celui par qui l’amour crépite.

Fanny Ducassé nous donne l’envie de prendre les êtres dans nos bras et de les aimer pour ce qu’ils sont : différents de nous. De ce qu’ils nous apportent : l’amour maternel, l’amour tout court.

Quand à l’illustration, elle est tout simplement sublime. Fanny Ducassé joue aussi bien avec les tons orangés, les tons flammes que le noir. Tout en poésie, elle nous embarque dans son monde floral, automnal, où tout objet déposé apporte sa touche, a sa place. Les feuilles sont tapis, les branches et les arbres sont comme des notes de musique où louve se réfugie le soir pour danser. L’intérieur de la cabane est chaleureux et les détails s’étalent comme dans une chambre d’enfant, douillet, tendre et toujours dans ces tons marron-orangé, jaune, vert… des tons d’automne.

Un petit livre qui donne envie de manger des crêpes, de grimper aux arbres, de se laisser faire par ce feu de l’amour et de tomber le soir, mort de fatigue, sur un lit de feuilles d’automne avec celui qui nous a reconnu.

« Voulez vous danser… heu … entrer ? osa l’homme-loup. Louve entra. Elle remarqua avec délice leur goût commun pour les feuilles d’automne séchées. L’homme-loup tremblotait en servant les tasses brûlantes. Louve ne savait pas quoi dire tant elle trouvait beau celui qui tremblotait en se brûlant. L’émotion faisait vibrer l’habitacle, si bien qu’aucun mot n’en sortait. Il fallut moins de dix lunes rousses pour que Louve et l’homme-loup s’apprivoisent tout à fait. »

Louve - Fanny Ducassé