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L'inconnue du quai

Mary Kubica, Carole Benton

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Disponible aux éditions HarperCollins

Ce qu'en dit l'éditeur

La générosité a souvent deux visages. Celui qu'on voit... et l'autre. "La première fois que je l'aperçois, elle se tient sur le quai bondé de la gare de Fullerton, à Chicago. Il fait un froid à vous glacer les os, il pleut à verse. Elle serre un bébé dans ses bras. Rien ne les abrite. Quelques jours plus tard, elle est de nouveau là. Aussi fragile. Cette fois, je vais lui parler. Sans trop savoir pourquoi.
Ni où tout cela va me mener..." Hantée par l'image de cette jeune sans-abri et de son bébé, Heidi néglige l'avis de son mari et l'hostilité de sa fille : elle ouvre sa maison à l'inconnue du quai. Qui est vraiment Willow ? Mutique, vulnérable, a-t-elle quelque chose à voir avec l'inquiétante Willow Greer, dont le compte Twitter est plein de conseils macabres sur le suicide ? Peu à peu, la présence de l'inconnue dans la maison agit comme un révélateur des fissures familiales...
Après Une Fille parfaite, Mary Kubica réussit une nouvelle fois à plonger le lecteur dans une intrigue fascinante. L'Inconnue du quai est un page turner mené avec brio, servi par une écriture forte et vivante.

Critique postée par :

Lindsay Hardy

Si l'inconnue du quai n'a plus de secrets pour moi, elle l'est encore pour vous. Sans trop vous en dévoiler les mystères, le roman de Mary Kubica est sans aucun doute un bon thriller psychologique qui aborde des thèmes douloureux et sociétaux collant ainsi parfaitement à l'actualité. De l'introspection du couple au visage du dénuement, ce roman interroge les failles d'un système et les fêlures cachées. Si la fin m'a un peu déçue, le mécanisme de narration est quant à lui rudement bien mené grâce à l'alternance de trois voix. Le(s) prédateur(s) n'est jamais celui que l'on croit!

Chicago, gare de Fullerton, Heidi est sur le point de rendre à son travail lorsqu'elle aperçoit sous la pluie une jeune fille et son bébé. Touchée par tant de désœuvrement elle qui travaille pour une ONG venant en aide aux réfugiés, elle s'interroge sur ce qui a pu conduire cette adolescente à la rue. Ce qui la conduit à lui ouvrir sa porte malgré les réticences de son mari Chris et de sa fille Zoé. L'inconnue du quai du nom de Willow, réservée et mutique, semble victime d'un traumatisme évident, mais lequel? Au sein du cocon familial, la sans-abri et son bébé Ruby vont pénétrer un foyer où les tensions sont perceptibles...

L'extraction de cette citation (voir le blog) illustre bien un des thèmes majeurs du roman: la pauvreté. Critique sociale des Etats-Unis, notamment sur la place des orphelins et la charge de travail des travailleurs sociaux, on peut tout à fait la comparer à de nombreux pays, comme le nôtre. Bouleversant de réalisme, j'ai totalement été emporté par l'histoire de Willow qui nous ai raconté au compte goûte. La perception de la misère et de la malchance ne peut que renforcer l'idée que l'égalité des chances n'est pas la même pour tous.

L'idée de la famille dans ce récit participe à la brutalité de ce qu'il peut être dans la réalité. Si l'image peut être parfaite, du moins normal, chacun panse des blessures et analyse ce qui a pu être le moment charnière à la rupture du dialogue. Qu'il s'agisse du couple comme de la relation parentale notamment entre Zoé et Heidi. Affrontant les affres de l'adolescence et un mari de plus en plus distant, celle-ci voit en Willow et son enfant une nouvelle chance de bien faire.

Les personnages féminins sont étoffés par une psychologie complexe en s'emparant de thèmes comme la perte de l'innocence, la maladie et l'avortement. Cependant j'ai apprécié la parole offerte à Chris qui développe à son tour la dérive de son couple.

D'une écriture simple, justement trop en début de roman, naissent des personnages intéressants mais inégaux dans la fouille psychologique, comme celui de Zoé. Néanmoins les chapitres plus ou moins courts, rythment avec efficacité le roman. Déçue par une fin un peu expéditive à mon goût, j'attendais quelque chose de plus spectaculaire... Je me rattrape donc sur des petits-beurre aux noix de pécan et son thé rooibos citrus des Frères Dammann. Miam !