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Entre hommes

Germán Maggiori, Nelly Guicherd

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Disponible aux éditions la Dernière goutte

Ce qu'en dit l'éditeur

Dans un luxueux appartement de Buenos Aires, un sénateur, un juge et un banquier se retrouvent pour participer à une orgie en compagnie de deux travestis et d'une jeune prostituée. Mais l'affaire tourne mal : la jeune prostituée meurt d'une overdose en pleine action. Or, toute la scène a été filmée par une caméra dissimulée derrière un faux miroir et la vidéo compromettante a disparu. C'est alors qu'entrent en scène deux flics, l'un obsessionnel, l'autre ex-tortionnaire alcoolique, chargés de retrouver l'enregistrement, deux voleurs prêts à tout pour parvenir à leurs fins et une bande de jeunes drogués embarqués bien malgré eux dans cette histoire. Sur fond d'une société en décomposition, Germán Maggiori signe un polar vertigineux, frénétique et saturé d'adrénaline.

Traduction de Nelly Guicherd

Critique postée par :

Anthony Descaillot

Après ma chronique sur « L’amie prodigieuse », certaines lectrices m’ont reproché de qualifier ce livre de lecture destinée aux femmes. Selon elles, si je n’accrochais pas à l’histoire, ce n’était pas le sexe qui était en cause mais le manque d’affinité avec les personnages. Alors Mesdames, je suis désolé, ne m’en voulez pas… je vais récidiver. Cette fois, j’ai eu affaire à une vraie lecture de mec !

L’atmosphère du roman est saturée de masculinité. Les différents protagonistes sont en grande partie des hommes. Ils sont costauds, violents, xénophobes, misogynes, portés sur l’alcool, sur la drogue. Ils règlent leurs différends à grands coups de poings ou de revolvers et ne respectent jamais les règles. Autant dire qu’ils sont une belle brochette de mâles écervelés bourrés de testostérone. Le vice est poussé au maximum afin que tout se passe entre hommes au point que même les prostituées sont des travestis.

Dans ce monde viril, on suit plusieurs groupes de personnages. Qu’ils fassent partie de la police, qu’ils occupent des postes influents, qu’ils soient clochards, trafiquants ou simplement petits voyous, ils représentent chacun un élément de la face cachée de l’Argentine contemporaine. Sous des relents de dictature, on assiste à la décadence qui sévit dans les bas quartiers de Buenos Aires.

Moi qui suis un adepte d’histoires noires, j’ai beaucoup aimé l’ambiance sombre et les dialogues incisifs de cette aventure. L’écriture de German Maggiori est belle, assez fluide et semée de mots vulgaires qui la rendent originale. Tout était donc réuni pour me plaire. Pourtant, je suis resté un peu en dehors des évènements. D’ordinaire, dans ce type de romans, censés analyser la société, je suis à la recherche d’une intrigue soignée ou de personnages intenses. Seulement je n’ai pas été emballé par le scénario pas réellement palpitant et j’ai encore moins adhéré aux protagonistes. Je les ai trouvés caricaturaux, sans nuances et surtout très peu fouillés.

Au final, j’ai quand même passé un bon moment de lecture avec ce texte qui respecte tous les codes du roman noir. Je considère juste qu’il n’est, soit pas assez profond pour que je m’imprègne de l’atmosphère, soit pas assez percutant, pour m’entraîner avec lui. Et comme il était annoncé comme le « meilleur polar argentin de tous les temps » et comme l’héritier de James Ellroy, j’en attendais peut-être trop !