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Les brumes de l'apparence

Frédérique Deghelt

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Disponible aux éditions Éditions France loisirs

Ce qu'en dit l'éditeur

A l’occasion d’un héritage, une Parisienne dont la vie bourgeoise ne souffre aucune remise en question se révèle médium, à l’aube de ses quarante ans. Cette faculté, d’abord violemment refusée, va bouleverser sa vie et l’obliger à reconsidérer son existence.

Critique postée par :

Julie R

Frédérique Deghelt est une auteure qui accompagne L'Ivre de Lire depuis pratiquement son démarrage, il y a un an et demi. Une auteure que j'ai toujours aimé, passionnément, que ce soient pour ces mots ou pour elle-même : une femme au sens de l'humour extraordinaire, au sourire absolument désarmant, et qui a de manière innée ce souci des autres, de leurs joies comme de leurs détresses.

J'ai tout lu, tout dévoré jusqu'à la dernière page, j'ai tout aimé, bref, je suis fan ! Et dieu seul peut savoir à quel point j'attendais avec impatience les brumes de l'apparence !

Verdict : j'ai adoré ce roman, même s'il m'a dans un premier temps profondément déstabilisé.

Car, à mon sens, Les brumes de l'apparenceamorce une véritable rupture dans l'écriture de Frédérique Deghelt, une rupture aussi forte qu'elle l'est pour son héroïne Gabrielle, qui, héritière d'une masure au fin fond de la campagne, va devoir accepter de réorienter sa vie, de se consacrer à ce qui est le plus essentiel dans l'existence, pour pouvoir appréhender le destin qui s'ouvre devant elle.

Oui, j'ai été profondément déstabilisé : déstabilisé par l'énergie incroyable qui sourd sous chaque phrase de ce roman, par ce sujet, si inhabituel chez Frédérique Deghelt, par le style, même, presque réinventé, hormis pour, comme à son ordinaire, la précision exemplaire qui est la sienne dès qu'il s'agit de poser sa ponctuation, ce qui rend ses phrases, toujours, si musicales. D'ailleurs, pour ce roman, spécifiquement, Frédérique Deghelt a visiblement apporté un soin tout particulier au rythme de ses mots.

Puis, à la deuxième lecture, j'ai compris l'évidence : le propre des grands écrivains est de savoir se réinventer, justement pour parvenir à nous rendre plus précisément la réalité, à percer ce voile des apparences qui nous entoure. Le propre d'un grand écrivain est de savoir, avec juste le concours d'un peu de papier et d'encre, faire exploser la vérité du monde au grand jour dans ce qu'il possède de plus essentiel, au-delà des contingences de notre quotidien, au delà de ce que nos sociétés si éphémères considèrent comme primordial.

Oui, Frédérique Deghelt nous montre que l'essentiel est ailleurs, et que nos vies ne peuvent se réduire à notre simple fonction dans une société qui ne voit en nous que notre utilité. Elle touche à l'universalité de nos conditions au travers de Gabrielle, et nous ne pouvons qu'une chose : accompagner son héroïne au bout de son parcours, au risque de basculer avec elle.

"Accoudée au balcon de mon nouveau chez moi, je réfléchis longuement, et j'ai soudain une envie, aussi folle que le reste de mon aventure, mais je ne suis plus à une folie près." (Les brumes de l'apparence p. 269)

Un très grand roman.