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L'équation du chat

Christine Adamo

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Disponible aux éditions Éditions Points

Ce qu'en dit l'éditeur

Premier janvier. Un jour férié tranquille où Cambridge se réveille dans le brouillard et la neige. Sauf qu’au fond de la rivière, un cadavre flotte et que sur les berges, les chats de la bibliothécaire disparaissent. Sauf que, dans les Colleges, des scientifiques s’entre-déchirent alors qu’un partenariat crucial entre la vénérable université et son homologue écossaise est sur le point d’être signé.
Sauf que la physique quantique vient bousculer la biologie moléculaire. Et que les secrets de famille émergent du passé. Depuis l’Ecosse, Martha, la très futée assistante du professeur McLeod, met les bouchées doubles pour aider son patron à conclure l’accord avant le délai fatidique de minuit. Mais aujourd’hui comme hier, une dernière équation résiste à l’effet domino des théories et à la superposition des mondes parallèles.
Un polar intrigant et instructif.

Critique postée par :

Alain Dagnez

« Moonlight, not a sound from the pavement. Has the moon lost her memory? »

Christine Adamo a pour habitude de ne pas tomber dans la facilité et ne ménage pas son lecteur. Outre qu’elle est une scientifique, elle est aussi la protectrice des coelacanthes. Mais ces qualités ne suffisent pas encore à la définir totalement : elle écrit des romans policiers. Et bouscule celui qui pensait se reposer en lisant. Que ce soit d’un point de vue intellectuel ou d’un point de vue psychologique, accroche-toi, lecteur : tu vas passer un moment particulièrement agité ! Même l’auteur de ces lignes, pourtant habitué à la Dame, a fini secoué. En plein été !

Par où commencer?
Contrairement, aux précédents romans, le lecteur n’est pas déplacé d’un millénaire à l’autre, c’est déjà ça. Tout de même, il sera obligé de se promener dans les années 30, en Autriche. Il y rencontrera, de loin en loin, Eugen, pauvre enfant plutôt maltraité en toutes saisons. Il sera également transporté d’un lieu à l’autre : « Cambridge au bord de la rivière », « Cambridge de l’autre côté de la rivière », « Cambridge centre » etc. Le moment et l’heure sont indiqués en tête de chapitres, contrairement à ce qui est écrit dans l’Evangile « Veillez car vous ne savez ni le jour ni l’heure. » (Mattieu, 24:42 ou Marc: 13:33) Christine Adamo prophétise religieusement et le lecteur veille.
Ce dernier, attentif devra, par ailleurs, s’appliquer à comprendre la physique quantique. L’auteure va, certes, faire oeuvre de pédagogie et tenter de lui apprendre les arcanes de cette science ; elle fait intervenir Martha, bras droit de Hammond Mac Leod ; ce dernier, doyen de faculté, lui a intimé l’ordre, le jour de l’an, de faire des recherches pour son compte. Elle est en compagnie d’un ancien prof de fac, Bob, recyclé dans la restauration.
Le fond du problème est que ce Mc Leod, amant récent de Noreen, elle aussi dans les Sciences est en discussion serrée avec Doug Sherman, associé à Laurel Brunner, mère de Denisa, elle-même en lien étroit avec Nick. Vous suivez ? Et les choses ne se passent pas bien entre les deux laboratoires scientifiques mais pas bien du tout, bisbilles de hauts diplômés, à croire que l’auteure en a - si l’on peut dire - quelque expérience.
Et les pages défilent, de lieu en lieu, d’époque en époque. Quel lien peut-on faire entre Eugen en Autriche 1930 et cette « disputatio » entre scientifiques. Que dire du délicieux cadavre flottant ? Le lecteur est haletant. Caractéristiques d’un bon Thriller.
Certes, les scènes d’amour sont fort bien réussies, celle de la bagarre homérique, pas mal non plus ; le cadavre, en décomposition aquatique, nous fait frémir tant les descriptions sont hyper réalistes, voire gore.
Et, à la fin, tout s’éclaire : pourquoi les chats disparaissent, pourquoi le cadavre en est là, pourquoi Laurel s’est spécialisée dans la physique et pourquoi Hammond Mc Leod est fatigué de tout cela, lui qu’on avait déjà rencontré précédemment en meilleure posture (1).
C’est toujours plaisant de lire Christine Adamo, toujours instructif, à tous les niveaux. Mais, parfois, elle s’abandonne à quelques phrases faciles comme celle-ci en page 259: « tous les hommes sont des Janus ». Mais pourquoi donc en vouloir tant à le gent masculine ? Les femmes sont-elles tout d’une pièce ?
Alain Dagnez.
1) Cf. Web Mortem.