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Le vase où meurt cette verveine

Frédérique Martin

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Disponible aux éditions Pocket

Critique postée par :

Lionel Clément

Ce qu'il y a de gênant avec la rentrée littéraire, c'est que même si les médias, avant son lancement, aiment à nous asséner le chiffre exorbitant du nombre de parutions, à savoir cette année 646, on se rend compte bien vite qu'en définitive, on ne parle que d'une trentaine de romans... Qu'ils soient les meilleurs, les plus médiatiques, ceux qui n'avaient rien à faire là mais où l'éditeur s'est dit que vue la belle gueule de l'auteur, ce dernier allait pouvoir briller en plateau télé et devenir une vraie pompe à fric (suivez mon regard!), cette trentaine de romans s'arroge le droit de prendre les meilleures places dans les librairies, s'affichent en piles ostentatoires, jouent des coudes à celui qui sera le plus visible, pour terminer dans le panier du lecteur en quête d'évasion imprimée...

Et puis, il y a les autres... Vous savez, ceux que le libraire reçoit en un ou deux exemplaires, et à qui d'office, est refusé le droit de la table de présentation. Pour eux, c'est le fond de rayon direct, même pas de facing, surtout pas car il faut gagner de la place, non, sur tranche, invisible à peine paru... Dans trois mois, soumis à l'impitoyabilité du système éditorial, il sera retourné à l'éditeur, sauf si un libraire un peu aventureux le sauve, le lit, l'aime, et le dévoile comme un grand roman aux yeux de chacun.

"Le vase où meurt cette verveine", ça a été deux exemplaires sur tranche dans le fond du rayon de ma librairie. Pourtant, Frédérique Martin n'est pas une débutante! C'est son septième roman, elle a obtenu des prix, mais n'a pas encore eu droit à une promotion qui lui permettrait d'être mieux connue du grand public. J'ai moi aussi hésité, et puis, une fois pris en main, je n'ai pas regretté mon choix : je l'ai ouvert et dévoré. J'ai été subjugué par la violence et la beauté de ce roman de Frédérique Martin. La forme, déjà, est atypique, puisqu'il s'agit d'un roman épistolaire. Zyka et Joseph, séparés par une maladie dont est victime Zyka, décident de s'écrire pour garder entre eux le lien qui aura jalonné leurs cinquante années de mariage. Mais sous les mots des lettres, il y a la vie, et les thématiques abordées par Frédérique Martin sont nombreuses...

L'éloignement d'abord, l'éloignement forcé, terrible, avec ce manque, le manque de l'autre, de son corps, de son contact. Il y a aussi la thématique de la vieillesse et de sa prise en charge. Notre société est-elle adaptée à assumer le fait que nous vivons de plus en plus âgés?

Et surtout, puisque c'est la vraie thématique du livre, il y a les rapports entre des parents et leurs enfants devenus adultes. Ces adultes à qui il incombe de prendre ces parents en charge, en dépit du ressentiment, des frustrations, qu'ils ont ressenti au fil de leurs enfances. Finalement, est-ce qu'on connait ses enfants? Est-on certain de la pureté de leurs sentiments à votre égard? C'est cette méconnaissance qui conduira les protagonistes de ce très beau roman au drame...

Finalement, j'ai sauvé à mon échelle ce roman. Recommandé en quantité, il a trouvé sa place en pile à côté des locomotives de cette rentrée. A vous maintenant de le lire et d'en parler, pour qu'il mérite sa place, la place qui est la sienne, à savoir celle d'un très beau roman et d'une vraie découverte de cette rentrée littéraire!

Le vase où meurt cette verveine est publié aux Editions Belfond Le vase où meurt cette verveine est disponible au format ebook