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Le temps du déluge

Margaret Atwood, Jean-Daniel Brèque

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Disponible aux éditions 10-18

Ce qu'en dit l'éditeur

Adam Premier, le chef spirituel des « Jardiniers de Dieu », prédit depuis longtemps le Déluge des Airs, une catastrophe naturelle qui toucherait uniquement les hommes pour les punir des méfaits qu'ils font subir à la Terre, à sa faune et à sa flore. Lorsque se produit le désastre qui décime la race humaine, seules deux femmes semblent avoir survécu : Toby, barricadée dans un centre de balnéothérapie, et Ren, enfermée dans un bordel de luxe. Partout autour d'elles prolifèrent des espèces transgéniques créées par l'Homme qui menacent les êtres vivants : les liogneaux (croisement de lions et d'agneaux) et les porcons (cochons hybrides destinés initialement à servir de greffes aux humains). Dans ce monde chaotique et terrifiant, tout est devenu danger. Il faudra pourtant que Ren et Toby, secouées l'une comme l'autre par de violents flash-back, s'aventurent à l'extérieur pour tenter de subsister et partir à la recherche d'éventuels rescapés.

Margaret Atwood, née en 1939 à Ottawa, est diplômée des universités de Toronto et d'Harvard. Auteur d'une quarantaine d'ouvrages - La Vie avant l'homme, La Servante écarlate, OEil de chat, La Voleuse d'hommes, Captive -, elle est l'un des écrivains les plus estimés de notre époque. Lauréate de dix doctorats honoris causa, chevalier de l'ordre français des Arts et des Lettres, elle reçoit, en 2000, le Booker Prize pour Le Tueur aveugle. Margaret Atwood vit à Toronto avec son mari, l'écrivain Graham Gibson.

Critique postée par :

Lindsay Hardy

Après Le dernier homme, la suite avec Le temps du déluge qui marque le retour de Margaret Atwood dans ma PAL en attendant la suite et fin avec MaddAddam. Lecture riche d'informations et d'observations, son auteure dissèque de son œil visionnaire le monde qui nous entoure pour nous conter une histoire non pas de fin du monde, mais la résistance de l'humanité à l'extinction. Toujours dans la ligne directrice d'une société malade, elle utilise la même structure tout en apportant plus de personnages pour enrichir afin d'expliquer. Plus féministe, un peu plus complexe, ce roman parfois un peu long reste une vraie prise de conscience du monde vers lequel, malheureusement, l'homme se tourne.

Toby et Ren toutes deux rescapées du Déluge des Airs prédit par Adam Premier, chef spirituel du groupe les "Jardiniers de Dieu", doivent survivre parmi les espèces transgéniques comme de la solitude. En détaillant la controverse de l'aspect éthique dans le premier opus, celui-ci revêt un aspect plus sociologique en décrivant une société inégale. Ren et Toby nous racontent a tour de rôle leur venu dans ce groupe végétarien à l'encontre d'une société de consumérisme, leurs actions et le cataclysme. Chacune retranchée dans un bâtiment, elles ne savent pas qui est vivant, qui à succombé à la catastrophe naturelle comme de la pandémie. Une chose est sûres, elles sont vivantes et tiennent à le rester quitte à mettre en doute leurs convictions. Vont-elles se retrouver ? Combien de rescapés restent-ils ? Quel est le lien avec le personnage de Snowman du premier tome ?

Contrairement au premier tome qui se déroulait dans les Compounds, lieux de vie et de recherches pour plus riches et marquait ainsi le confort, celui-ci se passe en pleine plébzones, c'est à dire bidonville. Le frappant contraste entre la description des environnements respectifs, l'attitude des personnages et leurs interactions mettent le doigt sur le déséquilibre vers lequel nous tendons. Le nombre grandissant de personnages apportent différents points de vue et permettent une meilleure vision, grâce au récit de l'avant catastrophe, des symptômes d'une société suicidaire. Ce roman très actuel pose la question sur la voix que nous empruntons en tant qu'humain. Voulons-nous participer à ce déclin ? Etre complice non seulement de ces inégalités mais du manque de moral vers lequel se dirige le globe ? Entre dérives technologiques, matérielles, alimentaires, sectaires, policières et médicales, elles sont autant d'échos au présent.

Structure intéressante avec des chapitres inhérents au rythme des journées définies par la célébration d'un Saint comme Stephen King, Diane Fossey... Margaret Atwood écrit une satire et dénonce aussi le rôle des femmes par les femmes pour en dégager leur force. Par ailleurs j'ai beaucoup aimé l'exposition que fait la romancière de la religion en l'y associant à des sectes ou groupuscules plus ou moins dangereux. Les doutes qu'inspirent la spiritualité aux deux protagonistes reste un acte fondateur à la religion et poussent à la réflexion de l'espoir mais plus encore, la remise en question d'un Dieu barbu au profit d'un Tout.

Malgré quelques longueurs et quelques soucis de compréhensions sur le fonctionnement et objets de cette société, le roman est limpide de résiliation. Qu'elle soit matérielle ou sociologique, cette accusation est intelligente, documentée et frémissante de réalisme. Le constat est terrifiant ! Un thé noir des fêtes de Betjeman & Barton suivi de cookies au sarrasin semblent appropriés pour ce retour à la nature.