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Disponible aux éditions l'Harmattan

Ce qu'en dit l'éditeur

Enfant, j'avais vécu en sa présence sans le connaître et puis un jour, quelqu'un m'a parlé de lui. Ou plus exactement de sa mort et d'un assassinat. J'ai alors compris que je ne savais rien , ou presque, et que, sans même m'en apercevoir, j'étais passée à côté de l'essentiel de ce qui fait une vie. J'ai alors cherché sa trace.

Critique postée par :

Julie R

L’exercice de réécriture d’une chronique est toujours périlleux… Parce que la première version portait en elle la marque encore fraiche d’une lecture enfiévrée, et qu’elle avait, tant pour moi que pour ses lecteurs, cette injustifiabilité que seul l’enthousiasme immédiat pouvait légitimer.

Pourtant, le crash récent de L’Ivre de Lire m’aura fait perdre une chronique à laquelle je tenais beaucoup, celle du très beau roman de Nane Beauregard, Le secret, paru aux Éditions L’Harmattan. D’ordinaire, je ne l’aurais pas réécrite… Certainement par peur de ne pas savoir retrouver les mots… Mais pour Nane, pour cette auteure si talentueuse et touchante, j’ai décidé d’écrire à nouveau aujourd’hui sur Le secret, et de tenter de faire ressurgir le fantôme de cette chronique, et, si ce n’est son fantôme, tout du moins son esprit.

Car Le secret est un roman fait de silences, un roman qui s’écrit, au fil des pages, dans les interstices ouverts par les mots, par une ponctuation savamment orchestrée, au travers de laquelle peut venir se raconter une autre histoire que celle lue.

Une petite fille comprend qu’un lourd secret pèse sur sa famille. Un secret lié à une absence, cachée. Mais, dans cette famille qui, désespérément, tente de sauver les apparences, tout ne fait que mettre en évidence la présence du mensonge : les larmes d’une grand-mère, ou encore les soupirs du père que rien ne parvient à réprimer…

Parallèlement, un homme, dans un hôpital psychiatrique… Lui, ne parle pas, ne communique plus. Ce n’est pas lui qui parle, le discours médical a pris le relai de sa subjectivité. Au travers des rapports de son médecin, du langage froid et rationnel de la science, sourd de chaque ligne la souffrance d’un homme dépossédé de son humanité.

Car c’est bien là que Le secret se révèle être une vraie réussite littéraire : en une poignée de page, à peine une centaine, Nane Beauregard parvient à nous faire ressentir comme en miroir, et la souffrance intolérable de cet homme condamné à ne plus être, pour son bien, que l’objet d’un discours qui le vide, progressivement, de sa dignité, et la violence effroyable du non-dit familial, ce non-dit qui au fil des années marque de manière indélébile les liens les plus intimes unissant les membres d’une famille.

Le secret est un roman à vous procurer de toute urgence, et certainement une très belle réussite de cette rentrée littéraire, malgré le très peu de presse dont il aura bénéficié, y compris sur le web. Un roman qui vous questionnera, jusque dans les échos les plus ténus de votre propre histoire, et vous permettra de (re)découvrir une auteure qui mérite toute notre attention. Un immense coup de cœur.