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Le dernier homme de la tour

Aravind Adiga, Annick Le Goyat

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Disponible aux éditions Buchet-Chastel

Ce qu'en dit l'éditeur

A Bombay, tout le monde sait que la tour A de la résidence Vishram est un immeuble de bonne qualité... Et ce malgré les bidonvilles qui l'environnent et la proximité de l'aéroport. Mais voilà qu'un promoteur plein d'ambition projette de construire en lieu et place de cette tour un immeuble de grand luxe, et donc d'en exproprier les copropriétaires actuels. Même si la compensation financière offerte par le magnat du bâtiment est très généreuse, certains refusent de partir.

Et comme personne ne touchera la moindre roupie tant que l'unanimité ne sera pas obtenue, la tension monte, les pressions s'intensifient. Bientôt seul résiste encore un professeur retraité, autrefois respecté de tous, contre qui voisins puis amis, aveuglés par la cupidité et la promesse d'un avenir radieux, vont se liguer, prêts à tout pour empocher leur argent... Un roman à suspense où sont décrits, d'une plume acérée et non sans humour, les désordres qui secouent la société indienne actuelle : bouleversements immobiliers, corruption généralisée, rêves illusoires de promotion sociale.

A travers la destinée de personnages hauts en couleur se dessine le portrait sans concession d'une ville d'exception, Bombay, cité sans limites, où des gens ordinaires vont être poussés au bout des leurs.

Critique postée par :

Julie R

La loi du Dharma, qui régit la société indienne, et qui définit les droits et devoirs de chacun en fonction de sa place dans la société, au travers de principes de droiture, et de justice, à l’égal des lois qui régissent l’univers, telle est la loi et la règle à laquelle a décidé de conformer sa vie Masterji. Veuf et ancien professeur respecté par ses anciens élèves, il l’est d’autant plus par ses voisins, les copropriétaires de la tour A de la résidence Vishram à Bombay.

Lorsqu’un promoteur immobilier sans scrupules décide de racheter la tour pour la démolir et construire à sa place un immeuble de standing, Masterji se retrouve soudain seul à refuser l’offre de rêve qui lui est faite, contre tous et prêt à tout pour faire valoir son droit, quitte à s’y perdre lui-même, ses voisins si respectueux devenant progressivement des loups attirés par le fantasme de la richesse…

L’inde, aujourd’hui, en sa qualité de pays émergent, est en passe de devenir dans les années qui viennent non seulement le pays le plus peuplé du monde avec la Chine, mais certainement un des plus riches. Mais ce sont forcément deux conceptions du monde qui se heurtent, car une économie galopante et ultra-libérale ne peut que difficilement trouver un équilibre avec la loi du Dharma. C’est une inde millénaire qui est ainsi bousculée dans ses fondements même, car l’argent, l’appât de la fortune qui abolit les castes quitte à détruire les valeurs, devient comme dans nos pays occidentaux la seule et unique loi, l’aune à laquelle se mesurera désormais la valeur des hommes.

C’est ainsi un roman terrible et implacable que nous donne à lire Aravind Adiga, le roman d’un homme seul et mis à l’index de sa vie, qui face à ceux qui cèdent à la facilité du profit, des possessions, qui décident de se définir par ce qu’ils ont, fait le choix , désespéré, luttant contre l’opprobe collective, de continuer à vivre pour ce qu’il est et de véritablement combattre pour ses valeurs, même s’il doit pour cela aller de désillusion en désillusion, et finalement perdre tout espoir face à la corruption et la course folle vers le progrès qui s’est entamée dans l’Inde contemporaine, sans que cette dernière prenne conscience que ce progrès ne sera que celui d’une minorité, aggravant encore la situation des plus pauvres.

« Le dernier homme de la tour » se lit d’une traite, tant le suspense est intense et l’écriture superbe et précise ! Il est tragique et drôle, un véritable trésor littéraire doux-amer. Un roman que je vous recommande chaleureusement, qui m’a non seulement captivé, mais en même temps profondément questionné.