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Disponible aux éditions Libella Sarl

Ce qu'en dit l'éditeur

Poussé à bout par son métier et ses contemporains, Peter Seurg, qui ne comprend plus le monde dans lequel il vit, pète un câble et craque. Le corps médical, qu'il consulte avec réticence, lui prescrit un formidable cocktail d'antidépresseurs, de somnifères et d'anxiolytiques. En quelques semaines, la personnalité de notre héros se modifie : il rompt avec son amie Neith, rejette sa vie bourgeoise et part s'installer dans les bois, seul dans sa tour d'ivoire.
Après plusieurs mois de ce régime, Peter, miraculeusement dégrisé, se réveille et découvre que son amour pour Neith est toujours intact. Elle, par contre, ne veut plus entendre parler de leur vie commune. Revenu à lui dans un environnement personnel dévasté, Peter se trouve alors confronté à une série de questions décisives... Critique sans concession de notre société, Le Chien rouge dresse le portrait psychologique d'un homme épris d'idéal et victime de sa propre révolte.
Roman de la maturité, hommage à l'art et la littérature, constat politique accablant, ce nouvel opus de Philippe Ségur est l'un des plus forts et des plus beaux qu'il ait écrit.

Critique postée par :

Lindsay Hardy

Aimantée, je l’ai été dès l’ouverture du roman. Avec Chien rouge, Philippe Ségur nous promet une vive et douloureuse immersion dans les méandres de l’esprit de son protagoniste, et que c’est bon ! De cette plume lyrique, les réflexions sur l’amour, la vie, le monde qui nous entoure, deviennent de plus en plus menaçant à mesure que le narrateur Peter Seurg, sombre dans la dépression. Dans quelle mesure ce brillant cerveau tombe inexorablement dans l’apathie ? Quel est ce chien rouge qui lui ronge les entrailles ?

Professeur de droit à l’université, écrivain, Peter Seurg mène une vie somme toute banale d’homme divorcé. Tombé fou amoureux d’une sublime créature portant le doux nom de Neith, celui-ci ne calcule pas encore l’état émotionnel dans lequel il plonge. Tiraillé entre une éducation sans fantaisie et le poids d’une société toujours plus écrasante, le narrateur se mure dans une série de questionnements qui le conduisent à une solitude choisie. En se débarrassant de tous ses biens matériels pour s’isoler dans une maison de montagne, Peter ne créé-t-il pas toutes les conditions de sa lente agonie jusqu’à une disparition prématurée ?

En débutant son histoire à travers la voix du voisin et ami de Peter, l’auteur marque la construction d’un récit maîtrisé. En créant une intrigue autour de la disparition soudaine du protagoniste, celui-ci accroche l’intérêt du lecteur pour ne plus le lâcher. Et ça fonctionne ! Dès les premières pages, j’ai été fasciné non seulement par le discours du voisin, mais surtout par l’intelligence et la pertinence des pensées de Peter. Remettant en cause un modèle familial, social et politique imposée par une société exigeante, le romancier fait de son personnage un individu accessible, écrasé entre les devoirs de l’apparence et ses désirs véritables.

J’ai beaucoup aimé le malaise grandissant qui s’empare de son esprit puis de son corps. Pris au piège d’une dépression, Peter exprime avec finesse la lente descente aux enfers qui n’apparaissait pas telle quel au commencement. Qui du chien rouge, cet être gorgé de colère et de ressentiment, et du professeur de droit à la vie respectable gagnera le combat ? Sous quelle forme prend la disparition de Peter ? Et si Peter possédait la vision la plus lucide sur notre monde ? De cette fureur philosophique, l’envie de lire Hermann Hesse et Nietzsche, écouter du classique, et contempler le monde s’est emparée de moi. Merci Philippe Ségur pour ce voyage mélancolique à la sagesse graduelle, le spleen n’a jamais été aussi séduisant d’actualité.