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L'Autre Qu'On Adorait

Catherine Cusset

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Disponible aux éditions Editions Feryane

Ce qu'en dit l'éditeur

Ce roman fait revivre Thomas, un homme d'une grande vitalité qui fut l'amant puis l'ami proche de la narratrice et qui s'est suicidé à 39 ans aux Etats-Unis.

Critique postée par :

Alain Dagnez

Si « l’autre » fut adoré, le roman ne l’a pas été. Certes, il décline une histoire dont la narratrice, omnisciente, ne manque pas de tout raconter dans le détail, comme un journal intime pour tous. Certes, il s’agit d’un drame, voire une tragédie parce que le héros fait tout pour se diriger vers un destin funeste. Mais cela ne suffit pas à capter et captiver l’attention d’un lecteur assidu.

Ce qui nous pose problème, c’est justement le ton, le contenu et la nécessité. Il s’agit d’un jeune thésard brillant qui, par sa propre nature et ses habitudes, a nui à sa propre destinée, comme si son scénario de vie était de mal finir et d’échouer dans tout ce qu’il entreprend? Rien ne marche. Ni ses candidatures pour obtenir un poste aux Etats-Unis, ni sa volonté pour écrire un livre qui lui ouvrirait facilement les portes de l’enseignement ni non plus sa capacité à conserver l’amour d’une femme. Thomas entretient son petit saboteur et ne manque pas d’en faire usage. S’adressant à l’intéressé qui n’est plus: « Tu as fait ceci; puis, tu as fait cela.» Et puis? Comme un choeur antique gémissant sa mélopée, recto tono: On se lasse.
Parlons un peu de l’échec du personnage auprès des femmes. Le jeune homme se fait succéder dans son lit un lot de femmes toutes plus ou moins amoureuses ou désireuses. Là aussi, c’est aussi l’échec! Comparaissent dans le désordre: Ana, Sylvie, Sonia Nora, Louise, Elisa. Liste à laquelle on peut également ajouter Catherine, la narratrice, elle même. Excusez du peu. Peut-être Catherine Cusset avait-elle besoin de soulager sa tristesse; et pensait-elle nous apprivoiser par cette liste de séductions compulsives, c’est raté ! Quant à la bipolarité, ah, la maladie, à la mode; la belle explication en forme d’excuse imparable !
Et pour parfaire le tout, ces allusions répétitives et professionnelles au grand Marcel Proust; comme si d’en parler suffisait à produire la même écriture. Décidément, nous n‘avons pas aimé. Yann Moix, non plus, c’est dire ! Il nous a paru que lire ce livre revenait à regretter le temps qu’on a perdu !
Alain Dagnez.