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Du blé en herbe au blé en gerbes

Édith Payeux

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Disponible aux éditions Iincipit en W

Ce qu'en dit l'éditeur

Gabrielle et Laurent viennent de perdre leur fille de huit ans, Amandine, enlevée, violée et tuée par un inconnu passant dans la rue. Un accident ? Gabrielle se sent coupable. Et tandis que le deuil la ravage, sa vie se défait, comme son couple. Laurent s’éloigne. Jusqu’où ? L’histoire, tirée d’un fait divers, croise le récit antique de Déméter perdant sa fille Korè, enlevée et violée par Hadès, dieu des enfers. Avec les mêmes questions : comment survivre au deuil ? Comment admettre la monstruosité de l’homme qui viole et tue ? Au point de bascule dans la barbarie le texte interroge les limites de notre raison face à l’effroi, et sonde, dans une langue poétique et condensée, les sources vives mais fragiles de la vie et de l’espoir. * Après des études supérieures de violon puis de philologie antique, Édith Payeux se consacre à la littérature. Agrégée de lettres classiques, professeure en classes préparatoires aux grandes écoles, elle est l’auteure d’ouvrages et d’articles de culture générale, a réalisé une exposition satirique « Publicité, tu t’es trompée d’histoire d’amour » (Paris, 1983), qui connut un vif succès international. Elle a également co-fondé le premier foyer pour femmes battues à Clichy sous la houlette de Simone de Beauvoir.

Critique postée par :

Martine Hamel

L'auteure, Edith Payeux, s'appuie sur le mythe de la mère Déméter pleurant la disparition de sa fille Korè, enlevée et violée par Hadès, Dieu des enfers, pour analyser l'effroyable douleur de Gabrielle qui vient de perdre elle aussi sa petite fille de huit ans, dans les mêmes circonstances.

Dans « Laëtitia ou la fin des hommes », l'historien Ivan Jablonka écrivait en 2016
« Je me suis dit que raconter la vie d'une fille du peuple massacrée à l'âge de 18 ans était un projet d'intérêt général, comme une mission de service public ».
Edith Payeux décide elle de s'intéresser non pas à la victime ni à son bourreau mais à ses proches et notamment à la mère, Gabrielle.
A travers le lancinant cheminement de la douleur chez Gabrielle, suite à la perte de son enfant, enlevée sous sa fenêtre, violée et assassinée, Edith Payeux réussit à nous délivrer un message d'espoir en même temps qu'une véritable leçon de vie .
Oui l'épreuve, aussi terrible soit-elle, peut finir par échapper à l'absurde et donner un sens à la vie.
Le mythe de Déméter, pleurant le rapt de sa fille Korè par Hadès, Dieu des enfers, éclaire tout au long du récit, la tragédie de la disparition d'un enfant.
La tragédie grecque était censée sous l'antiquité, jouer un rôle cathartique, destiné en les montrant, à ne pas reproduire les souffrances engendrées par le mal.
Et pourtant, le viol de Korè se répète à l'infini, comme des petites morts qui sont toujours d'une effrayante actualité. Mais Déméter, déesse de l'agriculture, incarne le cycle de la vie. La terre gercée que l'on croyait à jamais infertile, laisse à nouveau passer de nouvelles pousses quand vient le printemps.
L'auteure nous montre ainsi que des pires épreuves de la vie peut émerger une renaissance. A la lumière du mythe fondateur, elle redonne espoir à toutes celles et à tous ceux qui ont perdu l'amour de leur vie, la « prunelle de leurs yeux ».
« Tous, elle (Déméter) les convierait (les mortels si fragiles), pour peu qu'ils aient su entendre, à une vie encore, une autre qu'on n'attendait plus, alourdie du passage, lestée de la séparation qui tant étreint, mais une vie plus claire, moins oublieuse, une vie grave et lente comme les pas de qui apprend ».
Martine Nagels Hamel