{{type}}
{{genre}}
{{register}}
Retourner à l'accueil

La sorcière

Camilla Läckberg, Rémi Cassaigne

Ajouter sur Collibris
Disponible aux éditions

Ce qu'en dit l'éditeur

Une fillette de quatre ans disparaît de la ferme isolée de ses parents. Après une longue battue, Nea est retrouvée nue sous un tronc d'arbre dans la forêt, assassinée. Fait troublant : la fillette se trouvait à l'endroit où, trente ans plus tôt, avait été découvert le corps sans vie de la petite Stella, une fillette du même âge qui habitait la même ferme. A l'époque, deux adolescentes, Marie et Helen, avaient été condamnées pour le meurtre : elles avaient avoué avant de se rétracter.
Désormais mariée à un militaire autoritaire et psychopathe, Helen mène une vie recluse, non loin de la ferme, dans l'ombre des crimes passés. La belle Marie, quant à elle, est devenue une star du cinéma à Hollywood ; pour la première fois depuis la tragédie, elle vient de revenir à Fjällbacka pour un tournage. Cette coïncidence et les similitudes entre les deux affaires sont trop importantes pour que Patrik Hedström et son équipe puissent les ignorer, mais ils sont encore loin de se douter des répercussions désastreuses que va avoir leur enquête sur la petite localité.
De son côté, Erica Falck écrit un livre sur l'affaire Stella. Une découverte la trouble : juste avant son suicide, le policier responsable de l'enquête à l'époque s'était mis à douter de la culpabilité des deux adolescentes. Pourquoi ? Dans ce dixième volet, le plus ample et peut-être le plus abouti de la série Fjällbacka, Camilla Läckberg est au sommet de son art.

Critique postée par :

Lindsay Hardy

Toujours autant attendue, Camilla Lackberg est récemment revenue dans le giron littéraire grâce aux nouvelles aventures d'Erica Falck et de Patrick Hedstrom. Mais que peut-il bien encore se passer à Fjallbacka ? Une disparition ? Un meurtre ? Oui, mais pas seulement...évidemment ! Mêlant trois histoires, trois intrigues, la reine du polar nordique nous embarque de 1672 aux années 80 jusqu'à notre époque pour nous balader de pages en pages, de suspects en victimes. De ces 700 pages, il m'a été parfois difficile de m'y retrouver comme de me passionner. La faute peut-être, aux trop nombreux personnages et une enquête qui se perd en longueur ? Probable. La faute aux vacances de mon amoureux ? Possible. Tout en retrouvant ces attachants personnages, l'auteure entreprend un roman plus social et plus politique sans toutefois prendre de risques. Quoi qu'il en soit, mettre quinze jours pour terminer un roman est inacceptable, j'ai frôlé la dépression littéraire !

Nea, quatre ans, disparue et retrouvée morte en forêt peu de temps après, est la seconde enfant a trouver la mort dans d'étranges circonstances. En effet, trente ans plus tôt, Stella, est elle aussi retrouvée inanimée en forêt à proximité de la même ferme. Pourtant, les deux meurtrières Marie et Helen, treize ans à l'époque, avouent rapidement le meurtre pour ensuite se raviser. Existe-t-il un lien entre les meurtres, et si oui, quel est-il ? Alors que la chaleur s'empare de la ville, Patrick et son équipe vont être confrontés à un sac de nœuds pour le moins bien ficelé... Alors qu' Erica déterre les dessous de l'affaire Stella pour son prochain roman, la ville accueille non sans peur des réfugiés syriens tandis que Marie, devenue actrice, revient à Fjallbacka pour le tournage de son prochain film... Sous fond d'une malédiction vieille de plusieurs siècles, certains secrets sont tenaces !

Très contente de retrouver toute cette sympathique bande dans cette bourgade enchanteresse qu'est Fjallbacka, je l'ai moins été à mesure qu'avançait le roman. De plus en plus lisses, de plus en plus complaisants, certains protagonistes deviennent carrément chiants ! Oui, vous avez bien lu... Erica et Patrick ne sont plus qu'ennui et que dire de Gosta rendu à une personnalité sans saveur. Le salut, s'il y a, vient de la fraîcheur du jeune flic Martin et de l'insupportable commissaire Melberg qui soit dit en passant, commet une terrible bévue ! De l'évolution des personnages centraux se confirme leurs qualités comme leurs défauts qui semblent être figés au fil des romans.

De construction identique, ce tome utilise la voix choral et les flash-back à profusion quitte à perdre le lecteur en route, ce qui fut mon cas. Usant de trois époques, Camilla Lackberg passe parfois du coq à l'âne entre le meurtre de Nea à celui de Stella, trente ans plus tôt, me laissant contrainte de relire ces passages... Beaucoup de personnages donc, différentes périodes et une enquête qui s'embourbe...ça sent l'ennui ! Toutefois, les petits interludes sur une pauvre femme et sa fille en 1672 amènent une pause récréative sans savoir à quoi cela peut déboucher. Mouais, pourquoi pas ?

Néanmoins, de cette sensation de confusion, un élément actuel apporte une caution de réel à ce roman : l'arrivée de réfugiés syriens. Plus social et plus politique donc, la romancière intègre une poignée de personnages qui témoignent d'une crise migratoire existante pour l'inclure dans ses romans. Confrontés aux regard extérieurs et aux jugements hâtifs, ce sont bien eux les personnages les plus intéressants de ce tome. En prêtant sa voix aux réfugiés, l'auteure démonte les préjugés un a un et ce, sans apitoiements. Clin d’œil aux procès de sorcières sur la base de la peur et d'une religion omnipotente...mais je ne vous en direz pas plus, gnark, gnark, gnark !

Un roman en demi-teinte, où une montagne de crêpes et quelques tasses de thé noir ne furent pas de trop à la lueur des sept cent pages qui compose ce livre. De la noirceur vous n'en trouverez pas forcément, mais si vous aimez les enquêtes fournies et amples ce tome devrez vous ravir.