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Disponible aux éditions J.-P. Huguet

Ce qu'en dit l'éditeur

Michel aime l'art, l'argent, les femmes. Revenu de tout, sauf d'un imprécis besoin d'absolu, ou d'éperdu, il entre dans la spirale vertigineuse de la chair, et de ses mystères - au sens sacré du terme. La chair, celle qui, de la naissance à la mort, de la jouissance à l'horreur, triomphe en nous, toujours. Entre les salons mondains de Paris, le bordel du Callao, au Pérou, et le monastère de Poblet, en Espagne, nous suivons une intrigue qui met petit à petit aux prises le sexe et le sacré, dans leurs liens inexorables. Un roman d'une force expressive rare, qui se joue - non sans ironie - de tous les styles, ressuscitant tour à tour Pascal et Céline, Bernanos ou Bloy. Un érotisme mystique, à fleur... de chair.

Critique postée par :

Lionel Clément

Il est toujours paradoxal d’avoir été époustouflé par un roman, et de réaliser, au moment d’en composer la chronique, qu’on est incapable d’écrire quoique ce soit à son sujet, parce qu’il échappe à toute tentative d’être capturé dans des mots.

La chair de Serge Rivron est de ceux-là, un roman qui m’a happé dès les premières pages, par son écriture précise et puissante, et m’a tenu accroché jusqu’à la dernière ligne de cette histoire terrible d’un homme qui, par la chair, cette chair infâmante de la tradition chrétienne, remonte les secrets terrifiants de ses origines.

Pourtant, lorsque j’ai voulu, il y a un mois, en écrire la chronique afin de vous faire partager mon enthousiasme, je me suis retrouvé incapable de trouver les mots suffisamment forts pour exprimer toute la portée de ce texte paru en 2007 aux Editions Jean-Pierre Huguet. Réfractaire à se laisser saisir, La chair est devenu durant ce dernier mois mon livre de chevet, lu et relu, annoté de toutes parts, disséqué jusque dans le plus intime de sa construction, pour toujours me laisser l’impression que l’essentiel se dérobait…

Puis, au moment où je pensais véritablement jeter l’éponge, j’ai compris…

J’ai compris que, comme cette chair puissante et impérieuse, en dépit des dogmes, des morales, des philosophies, qui durant des siècles ont essayé de la circonscrire, d’en canaliser la formidable énergie sans jamais y parvenir, l’écriture de Serge Rivron échappait à toute tentative de conceptualisation.

Car cette écriture puissante et violente est de celles qui se ressentent, de celles dans lesquelles il est essentiel de s’immerger pour pouvoir l’appréhender, non dans une pensée réflexive, mais bien plutôt dans l’immédiateté de la sensation. La lecture de La chair ne peut se faire que comme une expérience totale, une lecture qui engage certes, l’esprit qui décrypte les mots, mais surtout le corps, ce corps de lecteur compris dans ce qu’il a de plus sexué, qui, seul, saura trouver par sa propre réminiscence de l’oubli de soi, dans cette chair délicieuse et dangereuse, obscène pour les censeurs et infinie dans ses possibilités à jouir d’elle-même, la clé lui permettant de saisir la force brute de ce roman.

Serge Rivron est un grand écrivain, de ceux qui ont pour seul moteur la justesse et la précision de l’écriture. Une écriture si terriblement sensuelle qu’elle fait voler en éclat tous les carcans des moralisateurs, nous entrainant dans un roman incroyable à découvrir absolument, puis, comme moi, à lire et à relire, quitte à s’y perdre, délicieusement…