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Ici & maintenant

Paul Auster, John Maxwell Coetzee, Céline Curiol, Catherine Lauga du Plessis

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Disponible aux éditions Actes Sud

Ce qu'en dit l'éditeur

C'est en Australie, lors du Festival d'Adélaïde de 2008, que Paul Auster et J. M. Coetzee, qui jusqu'alors ne se fréquentaient que par livres interposés, font enfin connaissance et sympathisent, au point de décider d'entretenir cette amitié nouvelle par une correspondance régulière. Coetzee utilise l'e-mail, Auster est adepte du fax. Malgré cette "fracture technologique", l'échange, nourri, se poursuivra durant trois années entre deux écrivains et citoyens soucieux de confronter leurs vues sur des questions qui tiennent à l'éthique, à la politique, à la philosophie de l'existence et, naturellement, à la conception et à la pratique de la littérature.
Au fil de cette conversation épistolaire entre deux observateurs avisés du monde contemporain, qui mêlent sans prévention anecdotes et préoccupations d'ordre intellectuel et esthétique, se construit une relation profonde et toujours plus fraternelle.

Critique postée par :

Joëlle Thienard

Déjà le titre interpelle. Découvrir un auteur à travers ses romans, c’est entrer dans son univers imaginaire et quotidien dans la mesure où il se révèle à travers ses personnages, on le devine, autant que sa vision de la vie et du monde qui l’entoure. Le découvrir à travers une correspondance, c’est à la fois identique et différent.

On retrouve le même homme ou femme que l’on ressentait dans les livres, mais c’est dit autrement, plus directement, comme leur opinion sur des faits d’actualité par exemple, plus ou moins grave, regarder le sport à la télévision, qui donne lieu à des sentiments plus personnels : « je n’aime pas les formes de sport qui prennent à l’excès modèle sur l’activité guerrière où tout ce qui compte est de gagner, où gagner devient une question de vie ou de mort –les sports qui manquent de grâce, à la manière dont la guerre manque de grâce ».

D’autres sujets sont à l’honneur, la vision de l’amitié, le retour parfois blessant des critiques ou des lecteurs, le monde actuel : son avis sur la crise de la finance mondiale « pourquoi devons-nous accepter d’être devenus plus pauvres et devons-nous nous mettre à nous conduire comme si nous l’étions ? » Autant de sujets graves auxquels nous pensons et pour lesquelles il est intéressant d’avoir l’opinion de l’auteur que l’on aime.. J’ai apprécié aussi parfois les « mises à nu », quand Paul Auster nous révèle sa personnalité, sans se soucier de son image, « J’ai vécu dans un état de morosité et de tristesse ces derniers mois », au souvenir douloureux du suicide d’une jeune fille de vingt trois ans, fille de ses amies « Le cœur souffre, il n’y a aucun remède à cela » nous dit-il, ou des révélations sur ses combats intimes, notamment sur le choix. Il nous fait entrer aussi dans son univers qui le passionne tout autant, le cinéma.

Je suis fan de Paul Auster, est-il besoin de le préciser, mais j’ai pu découvrir un autre écrivain, J.M. Coetzee, aussi émouvant et grave qui m’a donné envie de le connaître à travers ses romans. C’est donc une autre approche que cette correspondance, où une autre forme de parole peut rejoindre nos convictions et qui nous invitent à la réflexion, mais tout aussi enrichissante, au plus près de la voix des écrivains, à (re)découvrir.