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Gwendy et la boîte à boutons

Stephen King, Richard T. Chizmar, Michel Pagel

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Disponible aux éditions le Livre de poche

Ce qu'en dit l'éditeur

Trois chemins permettent de gagner Castle View depuis la ville de Castle Rock : la Route 117, Pleasant Road et les Marches des suicidés. Comme tous les jours de cet été 1974, la jeune Gwendy Peterson a choisi les marches maintenues par des barres de fer solides qui font en zigzag l'ascension du flanc de la falaise. Lorsqu'elle arrive au sommet, un inconnu affublé d'un petit chapeau noir l'interpelle puis lui offre un drôle de cadeau : une boîte munie de deux manettes et sur laquelle sont disposés huit boutons de différentes couleurs.
La vie de Gwendy va changer. Mais le veut-elle vraiment ? Et, surtout, sera-t-elle prête, le moment venu, à en payer le prix ? Tout cadeau n'a-t-il pas sa contrepartie ?

Critique postée par :

Lindsay Hardy

Qu'il est bon de participer à un concours, surtout pour gagner le dernier livre en date de Stephen King ! Merci donc aux éditions Livre de Poche pour ce cadeau savoureux. Ecrit à quatre mains, S. King et Richard Chizmar signe un court roman addictif et mystérieux. Que feriez-vous à la place de Gwendy si vous receviez d'un étrange inconnu chapeauté, une boîte en cadeau ? Attention, pas n'importe laquelle. Une boîte aux pouvoirs vertigineux, une boîte qui peut vous rendre fort, invincible, mais aussi provoquer des catastrophes de votre seul fait. Huit boutons décorent cette boîte, mais un seul, rouge, l'attire particulièrement. Pour l'instant, la jeune-fille se contente de profiter des deux manettes lui offrant pièces de monnaies d'un autre temps et chocolats magiques, mais bientôt la tentation sera trop forte... Oscillant entre le conte pour enfants et le fantastique avec une facilité déconcertante, le duo écrit une fable fascinante sur l'attrait du pouvoir et les conséquences de nos actions. Sans avoir recours à des scènes violentes où l'hémoglobine coule à flots, je peux vous rassurer, le maître est toujours au top !

Durant l'été 1974 à Castle Rock, Gwendy Peterson douze ans, décide de prendre le contrôle de son corps. Surnommée Bibendum par certains camarades, elle décide de s'adonner au sport et quoi de mieux que grimper les 350 Marches des suicidés donnant sur Castle View ? Déterminée, c'est en ce lieu qu'elle est abordée par un homme étrange, Mr Farris. Tout en discutant, précisant qu'il n'est pas le pervers qu'elle croit entrevoir, Mr Farris lui offre un coffret de bois pourvu de deux manettes et surmontés de huit boutons de couleurs. D'une des manettes, Gwendy y trouvera une pièce de monnaie rare, de l'autre un chocolat exquis en forme d'animal. Les boutons ? Représentant les continents, sauf l'Antarctique, les boutons rouge et noir semblent avoir une utilité tout autre. Leurs fonctions ? Mystère ! Un seul mot d'ordre, protéger la boîte des autres. Ainsi Gwendy, nouvelle propriétaire de la boîte, va peu à peu changer et laisser place à la curiosité...ou pas.

Retrouver l'univers de Stephen King, c'est un peu comme manger un cookie. C'est croustillant et moelleux avec le goût familier d'y retrouver "un je ne sais quoi" de savoureux qui rappelle des souvenirs. Une madeleine de Proust en somme. A chaque lecture d'un de ses romans, j'éprouve toujours ce sentiment de ne rien comprendre, puis de m'être fait prendre dans une toile pour enfin me faire dévorer par l'araignée. Et celui-ci ne fait pas exception. Les codes de l'auteur, bien présents, expédient littéralement le lecteur dès les prémices. Une petite ville bien sous tout rapport, un obscur personnage et des événements étranges, le décor est planté.

Ce qui fait l'attrait de ce roman est le secret et le pouvoir autour de cette boîte. Gardienne de l'objet, Gwendy sera-t-elle consumée par la curiosité ou parviendra-t-elle à se maîtriser ? L’intérêt s'articule donc autour des choix que va faire la fillette et la tentation qu'offrent les boutons, mais surtout des conséquences. Je peux d'ors et déjà vous dire que la tentation est grande, très grande... Gnark, gnark, gnark !

Peut-on alors parler de parallèle entre le pouvoir politique et l'obsession grandissante de Gwendy envers la boîte, à l'instar de Golum dans Le seigneur des anneaux ? Entre le fantasme de la petite et grande Histoire ? Je vous laisse juger avec cette citation dès la page 38 :

  • Si vous aviez un bouton, un bouton magique, et que, en le poussant, vous pouviez tuer quelqu'un ou peut-être juste le faire disparaître, ou bien détruire n'importe quel endroit de votre choix. Quelle personne feriez-vous disparaître, ou quel endroit détruiriez-vous ? (...)
  • Heureusement que ce genre de bouton n'existe pas, dit miss Chiles.
  • Oh, mais ça existe ! Nixon en a un. Brejnev aussi. Et d'autres encore.
    Ayant dispensé cette leçon, non d'histoire mais d'actualité,Gwendy s'éloigne sur une bicyclette qui sera très bientôt trop petite pour elle.

Métaphore de la maîtrise de soi ? Volonté d'esprit ? Je vous laisse décider, mais quoi qu'il en soit j'ai beaucoup apprécié le personnage de Gwendy, son évolution et sa force de caractère, propre aux personnages féminins de Stephen King. Fluide et maîtrisé, j'ai particulièrement aimé la fin, contrairement à l'avis général, puisqu'il est dans la continuité et la cohérence du message des auteurs. Des auteurs, parlons-en car un nom m'a interpellé : Richard Chizmar. Comment n'en ai-je pas entendu parler ? Auteur et éditeurs de nouvelles d’horreurs, il n'est tout simplement pas traduit en France. Mesdames et messieurs les éditeurs... Illustré par Keith Minnion, je ne peux que vous conseiller ce court roman qui vous fera passer un très bon moment.

Pour les amoureux ou les curieux de l'univers de Stephen King, je vous encourage à parcourir les pages du site du Club Stephen King en cliquant ici ! Truffé d'anecdotes et d'actualités autour du romancier, c'est une excellente plateforme qui plus est active. Venez, ils flottent tous en bas...

Un court roman du maître, c'est déjà pas mal, mais comblé d'une gourmandise c'est encore mieux ! On reste aux Etats-Unis avec un délicieux browkie, rencontre entre brownie et cookie, et un café crémeux à la noisette. Alors, on est pas bien là ?