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Disponible aux éditions JC Lattès

Ce qu'en dit l'éditeur

Dans les années 60, à Crans-Montana, une station de ski suisse, des garçons observent, de loin, trois jeunes filles qui les fascinent : les trois C. Chris, Charlie et Claudia. Elles forment une entité parfaite, une sorte de constellation. Claudia, cheveux blonds, hanches menues, sourire enjôleur. Chris, boucles brunes, peau mate, ongles longs comme des griffes. Charlie, cheveux noirs, petits seins, longues jambes. Pour ces garçons elles sont un rêve impossible. Pendant les vacances d’été ou d’hiver, sur les pistes, à la piscine ou dans les night-clubs ils les regardent, sans jamais les aborder. Les années passent. Leur souvenir les poursuivra, comme un amour fantôme. Les voix des garçons, puis des filles déroulent les destinées d’une jeunesse, dorée en apparence, mais qui porte les secrets, les fautes et l’indifférence des générations précédentes. Durant près de trente ans, tous tenteront de toucher du doigt quelque chose de plus grand, l’amour, la vérité, ou simplement le sentiment d’exister. Mais des espoirs romantiques de l’adolescence à l’opulence glacée des années fric, la vie glisse entre leurs doigts.

Critique postée par :

Dahlem

Comme les garçons et les filles de mon âge connaîtrai-je Bientôt ce qu'est l'amour Comme les garçons et les filles de mon âge je me Demande quand viendra le jour Où les yeux dans ses yeux et la main dans sa main J'aurai le cœur heureux sans peur du lendemain.

Fort souvent, à la lecture de ce roman, j’ai pensé à la chanson de Françoise Hardy «Tous les garçons et les filles », à la fois pour les paroles – entre blues et espoir – et pour cette petite musique nostalgique. Les garçons dont il est question ici sortent à peine de l’adolescence et, à l’occasion de leur séjour au ski sur le plateau de Montana-Crans, vont plus se préoccuper des filles que de prouesses sportives. Il faut dire que les trois C. ont de quoi faire tourner les têtes. Chris (que seule sa mère appelait Christine), Charlie (qui se prénommait encore Charlotte) et Claudia (cheveux blonds, teint pâle, sourire enjôleur) sont deux parisiennes et une italienne qui, « en un clin d’œil, se sont métamorphosées en jeunes femmes ravissantes ». « On les voyait toujours ensemble, bras dessus bras dessous, ou assises nonchalamment sur une banquette, un mollet replié sous une cuisse, si différentes, et pourtant elles formaient une entité parfaite, une sorte de constellation. » La vie semblait alors se résumer, pour cette jeunesse dorée, aux pistes de ski, à la piscine, la discothèque, aux cafés ou aux magasins. On y boit du Fanta en bouteille à la paille, de l’Ovomaltine (dont on prend soin de collectionner les emballages), joue de la guitare et s’habille à la dernière mode. Il arrive même qu’on se change plusieurs fois par jour. Les jeux de l’amour, les tentatives de conquête, la rivalité et la timidité mais aussi les scandales et les provocations rythment le quotidien de ces jeunes. L’actualité du monde tient plus du mystère ou du fait divers. Quand un habitué n’est pas au rendez-vous, lorsque l’on se rend au Credit Suisse avec des valises ou des sacs de voyage ou encore quand une jeune femme prend rendez-vous à Lausanne pour «effacer» les conséquences d’une liaison coupable. De fait, c’est davantage l’actualité mondaine qui préoccupe la bande de copains. On croise Sheila, Lino Ventura, Alessandra Mussolini, Alain Delon, Brigitte Bardot et sa rivale Gina Lollobrigida et l’on retrouve au fil des pages l’ambiance que dépeint Jean d’Ormesson dans ses premiers romans, L’amour est un plaisir (1956) et Un amour pour rien (1960) qui «célèbrent avec une belle insolence, entre légèreté et cruauté, les jeux de l’amour d’une jeunesse qui se croit libre». Puis le temps va passer jusqu’à un jour funeste qui mettra un terme brutal à l’histoire, révélant un lourd secret de famille. Monica Sabolo qui est née à Milan, a grandi et fait ses études à Genève, passé ses vacances à Crans-Montana et, après d’autres pérégrinations a atterri à Paris nous livre ici une «tranche de vie» qui, pour peu que l’on gratte le vernis de l’insouciance et de la nostalgie, laisse apparaître les failles et la gravité d’une époque en pleine mutation. https://collectiondelivres.wordpress.com/2016/01/07/crans-montana/

sabolo_crans-montana