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Qui a Tue Heidi ?

Voltenauer Marc

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Disponible aux éditions Slatkine et cie

Ce qu'en dit l'éditeur

Après Le Dragon du Muveran, une nouvelle enquête de l'inspecteur Auer. Un tueur à gages abat un politicien à l'opéra de Berlin, en pleine représentation. Sa prochaine mission est en Suisse où l'inspecteur Andreas Auer vient d'être suspendu. Ce pourrait être à Stockholm, Reykjavik, Fjällbacka ou Ystad, c'est à Gryon, un petit village paisible trop tranquille des Alpes vaudoises où s'invente un nouveau genre de polar nordique

Critique postée par :

Valérie Sangpages

Extrait:
"Doc ôta ses gants en plastique maculés de sang. Il tendit un masque à Karine. Il connaissait son intolérance aux effluves diffusées par les cadavres saturés de produits chimiques. Contrairement à un parfumeur, un œnologue ou un fleuriste qui emploient un lexique précis pour décrire les senteurs et les arômes, les médecins légistes sont confrontés à des émanations singulières, mais qui n'ont pas de nom. Elles sont définies comme caractéristiques, particulières ou encore pénétrantes. On en fait l'expérience, on les identifie. Mais on ne le nomme pas. Doc résumait ces fragrances: "C'est l'odeur de la mort." Les effluves varient selon les cas ou l'âge de la victime, voire son stade de décomposition. L'exhalaison est différente si la personne a été malade ou en bonne santé, si elle a été empoisonnée, retrouvée baignant dans son sang, pendue ou éviscérée, ou encore si elle a eu le temps de trembler de peur ou si la mort l'a prise par surprise.
Doc avait appris à identifier et à apprivoiser les odeurs, mais elles restaient pour lui innommables et taboues. Présentes, réelles et pourtant indicibles. Ce n'était pas tant l'odeur elle-même, mais la charge émotionnelle qu'elle véhiculait qui provoquait des réactions de nausées chez les visiteurs."

Alors ? Vous êtes prêts ?
On pose tout. On s'installe. On s'assure de ne pas être dérangé. On éteint son téléphone. On débranche la sonnette (Couper le fil rouge ou ....était-ce le vert ?😁)
On se plonge dans ce livre qui fera à coup sûr un strike !
A vos marques ! Prêt ! Partez !
La couleur est annoncée. Un prologue qui nous fait clairement comprendre que ce ne sera pas une simple balade de santé ! On croche sa ceinture et on attaque !
On retrouve avec plaisir l'inspecteur Andreas Auer et toute la clique après la folle enquête du "Dragon du Muveran".
Des personnages qui vont, d'ailleurs, prendre de la dimension, de l'ampleur et qui vont surtout se retrouver la tête la première dans une machine qui semble ne plus pouvoir s'arrêter.
Que diable vient faire un tueur à gage à Gryon ? Qui est "L'homme qui s'enivrait du parfum de sa mère" ? Que s'apprête-t-il à faire ? Qui est Heidi et pourquoi donc a-t-elle été tuée ? Qui est Mangiafuoco ? Qui est l'usurpateur et pourquoi ?
Un rythme effréné. Des concordances dans les personnages savamment disposées qui font que tous ou chacun pourraient être le coupable. C'est clairement ce qui est mené avec la plus grande maestria dans cet opus.
Un petit côté Läckberg avec ce style très nordique mais à la sauce demi-suisse. Un joli clin d'œil à Thomas Harris et au "Silence des agneaux". Les initiés reconnaitront les scènes 😉
Une scène où, par contre, l'on trouve un personnage que seul les amateurs de polar suisse reconnaîtront et c'est même pas sûr, faut être attentif ! Joli clin d'œil, c'est génial ! Bravo les amis 🙂
L'inspecteur Andreas Auer devient véritablement un personnage étoffé avec cette deuxième histoire. On s'attache à lui pour de bon et pour le coup, on est foutu ! Plus émotionnel, on le découvre avec ses forces mais surtout ses faiblesses. Comme un ami, on vit ses aventures avec empathie et je ne vous dis qu'une chose... Il va clairement être mis à mal dans cet épisode !
Une belle évolution dans le style et dans la plume pour un deuxième livre et ce n'est que le début...La bonne nouvelle ? Les péripéties d'Andreas, c'est certainement pas fini mais chut je ne vous ai rien dit 😇
Encré dans un contexte 100 % suisse avec tous les détails du folklore et c'est jubilatoire !
Un excellent parcours musical.
Des personnages haut en couleur, au destin tragique pour certains mais qui ont finalement tous de bonnes raisons de....
Une homosexualité omniprésente, défendue d'une jolie manière dans cette normalité qui lui est due.
Des descriptifs excellents, comme celui que j'ai choisis en extrait. Un passage qui m'a particulièrement fascinée, criant de vérité. L'odeur de la mort, je la connais. Elle est ancrée en moi à tout jamais et en lisant ces quelques lignes, j'ai retrouvé chaque molécule de cette odeur dont personne ne veut donner de nom, dont personne ne veut même parler...c'est fort !
On nage, on se retrouve la tête sous l'eau, on essaye de regagner la berge, on essaie de trouver...c'est lui ! Mais oui c'est lui ! Mais non ! Et pourtant...je croyais...j'ai pensé...
C'est bon ou j'en rajoute encore pour vous faire saliver ?
Une chose est sûre Gryon n'est définitivement plus un charmant petit village tranquille où il fait bon vivre !
Et encore une chose...Un conseil...Soyez vigilant... Chaque petit détail, chaque petite chose pourrait être un indice ...Bien que je vous défie de dénouer ce sac d'embrouilles et de trouver le coupable.
Allez ! Soyons fou ! Je paye un souper à celui qui trouvera avant la fin qui est "l'homme qui s'enivrait du parfum de sa mère" !!!