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Cet été là

Lee Martin

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Disponible aux éditions SonatineDisponible en Ebook

Ce qu'en dit l'éditeur

Tout ce qu'on a su de ce jour-là, c'est que Katie Mackey, 9 ans, était partie à la bibliothèque pour rendre des livres et qu'elle n'était pas rentrée chez elle. Puis peu à peu cette disparition a bouleversé la vie bien tranquille de cette petite ville de l'Indiana, elle a fait la une des journaux nationaux, la police a mené l'enquête, recueilli des dizaines de témoignages, mais personne n'a jamais su ce qui était arrivé à Kathy.
Que s'est-il réellement passé cet été là ? Trente ans après, quelques-uns des protagonistes se souviennent. Le frère de Katie, son professeur, la veuve d'un homme soupçonné du kidnapping, quelques voisins, tous prennent la parole, évoquent leurs souvenirs. Des secrets émergent, les langues se délient. Qui a dit la vérité, qui a menti, et aujourd'hui encore, qui manipule qui ? Avec ce magnifique roman polyphonique, littéralement habité par le désir et la perte, Lee Martin nous entraîne dans la résolution d'un crime à travers une exploration profonde et déchirante de la nature humaine.

Critique postée par :

Alain Dagnez

Pauvre Hirondelle !
Voilà une histoire qui vous prend à la gorge dès les premières pages. La lecture est accompagnée d’airs de blues, qui nous suggèrent le drame qui va se produire.

Le mercredi, 5 juillet, Katie, petite fille de 9 ans de Junior et de Patsy Mackey, doit aller rendre les livres qu’elle a empruntés à la Bibliothèque Municipale ; on retrouve son vélo, dont la chaîne a sauté, attaché à un parcmètre ; mais plus de Katie.
Une petite ville des Etats-Unis, aux abords de l’autoroute 50, Tower Hill, Indiana ; un quartier tranquille : Goosemeck. Des personnages qui prennent la parole chacun leur tour pour donner leur version des faits vieux de trente ans. La narration elle-même ajoute du récit. Et les volontaires aussi. Tout une chorale de témoins.
Voici M. Henry Dees, professeur de Mathématiques ; il vit seul avec ses souvenirs et ses petites habitudes ; il est lâche, ment souvent. Mais il nous pousse à la réflexion. Il est amoureux, secrètement, comme un père ou autrement de Katie à qui il donne des cours.
Raymond D. est un ouvrier ; il consomme l’alcool et autres substances néfastes et a perdu récemment son boulot. Il réclame de l’argent à M. Dees. Habile de ses main.
Clare, veuve, sa femme, qui vient de se remarier avec Ray. Elle n’a pas d’amis.
Gilley, frère de Katie. Il surprend M. Dees dans leur maison, qui furète.
Ces personnages, chacun leur tour, par leurs témoignages, aident à progresser dans la narration funeste.
L’intérêt de ce roman n’est pas de savoir qui a commis le méfait, encore que le lecteur, qui a sa petite idée, reste dans le doute très longtemps, mais, plutôt, la lente pérégrination vers l’aboutissement final. Le lecteur écoute les exposants pour tenter de les comprendre, de saisir leurs motivations, de se prendre compte que l’auteur, par la voix de M. Dees réussit l’exploit de le rendre coupable, lui aussi. Oui, coupable ! On se dit que tout un chacun est capable de réaliser les petites turpitudes qu’on lui décrit. Tous coupables, comme Raskolnikov de Dostoïevski.
L’atmosphère s’alourdit; on attend, on espère, on désespère. On vibre. Chacun en prend pour son grade : les voisins, les habitants où qu’ils soient. Et cet Henry Dees, veule, lâche, menteur, voyeur, qui ne prend pas les bonnes décisions au bon moment mais nous désigne du doigt.
Ce roman est un chef d’oeuvre d’émotion, de descriptions de la nature américaine magnifique et innocente, comme cette belle enfant, en contraste avec les adultes dans toute la splendeur de leur veulerie.
Heureusement, nous reste cette petite musique chaloupée des années 70.
Alain Dagnez.