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Ça raconte Sarah

Pauline Delabroy-Allard

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Disponible aux éditions les Éditions de Minuit

Ce qu'en dit l'éditeur

Ça raconte Sarah, sa beauté mystérieuse, son nez cassant de doux rapace, ses yeux comme des cailloux, verts, mais non, pas verts, ses yeux d’une couleur insolite, ses yeux de serpent aux paupières tombantes. Ça raconte Sarah la fougue, Sarah la passion, Sarah le soufre, ça raconte le moment précis où l’allumette craque, le moment précis où le bout de bois devient feu, où l’étincelle illumine la nuit, où du néant jaillit la brûlure. Ce moment précis et minuscule, un basculement d’une seconde à peine. Ça raconte Sarah, de symbole : S.

Critique postée par :

Alain Dagnez

Quatuor en ré mineur de F. Schubert, la jeune fille et la mort.
Un roman en deux mouvements : le temps de l’amour ; le temps de la mort. Amour incandescent, triste mort. Cette fougue amoureuse est teintée de la lamentation de la perte de l’aimée.
En cette période où la littérature ne manque pas d’oeuvres qui parlent d’amour de son semblable, on est curieux de savoir comment ici on va s’en sortir : défi du lecteur en mal de provocation. Tant pis pour lui : il en sera pour ses frais.

Une jeune professeur, mère d’une petite fille, tombe éperdument amoureuse d’une autre femme, Sarah, violoncelliste, qui parcourt le monde. La musicienne est dans le même sentiment.
Cet amour naît lentement, se développe, se dit et s’épanouit en passion brûlante. Sarah est décrite comme vivante, très vivante. Trop. Nous sommes dans la première partie.
Puis, plus de nouvelles ; brusquement. En seconde partie, après l’amour-passion, la mort de l’aimée. La tristesse, la détresse, l’abdication, tout près du petit banc bleu pâle, personnification de l’absente.
Le lecteur se demande comment Paulie Delabroy-Allard parvient à retenir notre attention sur le récit de ce petit amour intime. Il faut avoir tant de capacités pour ne pas ennuyer le lecteur et le mener dans des pages qui parlent de la sublimation du quotidien. Le style est remarquablement littéraire sans être ampoulé, ni emphatique, ni lassant.
Il nous reste un doute : la narratrice a-t-elle agi de sorte que son amoureuse ne soit plus de ce monde ? Le récit s’achève à Trieste, ville presque triste.
Alain Dagnez