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Baudelaire, le diable et moi

Claire Barré

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Disponible aux éditions Robert Laffont

Ce qu'en dit l'éditeur

"Emue jusqu'à la fibre de l'âme, je détaille son costume ajusté aux tons sombres, ses mains gantées, nerveuses, triturant un chapeau d'une élégance rare, son visage bouleversant. Pas exactement beau, mais infiniment séduisant. "Le beau est toujours bizarre". Il finit par grimacer un sourire. "Bonjour, mademoiselle." Sa voix mélodieuse, plus aiguë que prévue, fait jaillir mes larmes. Désarmé, il me tend un mouchoir orné de ses initiales brodées. Je tapote mes cils, laissant sur le tissu des traces de khôl : petits soleils aux rayons noirs. Je relève les yeux vers lui : "Vous voulez coucher avec moi ?"". Une jeune femme dépressive et inadaptée au monde moderne signe un pacte avec le diable. Ce pacte lui permet de voyager dans le temps, à la rencontre des poètes qu'elle chérit et qu'elle s'amuse à séduire, accomplissant une sorte de tourisme sexuel temporel. Mais ces voyages ont des conséquences de plus en plus imprévisibles...

Critique postée par :

Julie R

Imaginez, juste une seule seconde, que vous ayez, même à la condition de conclure un pacte avec le diable, la possibilité de retourner dans le passé pour rencontrer tous vos auteurs préférés... Vous savez, tous ces auteurs devenus des classiques par le truchement de la postérité et que vous portez en vous, précieusement, comme des guides qui vous auront permis, de votre propre aveu, d'être celui que vous êtes devenu...

Que leur diriez-vous ? Quelle serait la première question que vous leur poseriez ? Décideriez-vous, tout naturellement, de leur parler de littérature, ou, comme Clara, l'héroïne de _Baudelaire, le diable et moi, _décideriez-vous de leur proposer un plan cul ?

Sauf que le diable et ses desseins ne sont pas nécessairement ce qu'on peut imaginer, et lorsque Clara décide d'écrire le chef d'oeuvre dont elle a toujours rêvé, avec Baudelaire en guise de muse, chacun va découvrir que les attentes du public, et les standards du marché de la création, ont bien évolué depuis le XIXème siècle, et bien souvent pour le pire !

Après Ceci est mon sexe, publié aux éditions Hugo & Cie, qui avait été pour moi un immense coup de coeur, Claire Barré revient en force chez Robert Laffont avec ce deuxième roman déjanté, mais qui sait en même temps, par le biais des grands auteurs classiques qui y sont invoqués, interroger notre époque à propos de ce qu'elle considère, aujourd'hui, être la signification de la création, ou encore du génie.

Une société de l'image où la télévision est devenu l'unique espace créatif, mais un espace standardisé, conçu en fonction des attentes supposées d'un public de consommateurs, et rythmé uniquement par ce qui est devenu l'essentiel, au point d'influer sur la forme même de notre consommation culturelle : l'espace publicitaire.

_Baudelaire, le diable et moi _est ainsi un roman profondément atypique et jubilatoire, qui entre un paradoxe temporel, une rencontre improbable avec Rimbaud et Verlaine, et la découverte chez certains de leur propension à la pendaison, ne vous fera plus jamais regarder la création littéraire de la même manière. Un roman qui vous donnera envie de briser les codes, de sortir des sentiers rebattus par le marché et ses sacro-saintes grand-messes littéraires ou télévisuelles, pour retrouver l'essence même du génie et de la passion : une liberté absolue et un amour démesuré pour ceux qui auront fait notre histoire littéraire.

Baudelaire, le diable et moi - Claire Barré