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Disponible aux éditions R. Laffont

Ce qu'en dit l'éditeur

Anaïs Nin est née en 1903 en France. C'est son père, déçu d'avoir une fille, qui a choisi ce prénom aux sonorités ambiguës. Pianiste esthète et pervers, Joaquin Nin abandonne sa femme et ses enfants dix ans plus tard. Adolescente hantée par la littérature puis épouse frustrée d'un banquier anglo-saxon, Américaine à Paris et mondaine malgré elle, Anaïs ne connaît qu'une jouissance : écrire. Elle a trente ans, quand elle rencontre Henry Miller. Elle l'aime, le soutient, le finance. Sage et troublante Anaïs ! Fantaisiste et ascète, insaisissable et un rien magicienne. elle attire à elle Artaud, Brassaï, Allendy, Rank, Breton, Durrell. Anaïs, c'est un Journal. Cinquante ans d'écriture, quarante-cinq mille pages longtemps enfouies dans une cave de Brooklyn. De cette "confession" monumentale Elisabeth Barillé a tiré un portrait romanesque, tissé dans la matière même de son oeuvre, de sa vie.

Critique postée par :

Julie R

Anaïs Nin… Voici un simple nom qui suffit à enflammer nos imaginations littéraires. Une auteure totalement hors normes, qui durant toute sa vie ne reconnut que sa propre passion comme moteur d’une existence à la richesse incroyable.

Malheureusement, bien souvent, la plupart des biographies d’auteurs, voire des biographies tout court, ne font que nous donner une version affadie de ces vies vouées à l’écriture, vouées, au contraire, à nous émerveiller par la beauté d’un style, la justesse d’une formule. Tout simplement parce-que leurs auteurs, perdus dans la recension exhaustive des évènements d’une vie, en perdent en définitive l’essentiel : l’intentionnalité.

Heureusement, je vous rassure, Elisabeth Barillé n’est pas tombée dans ces travers : elle nous donne à lire, avec une justesse incroyable, la vie d’Anaïs Nin. Quelle est la force de cette biographie ? Elle est double :

Dans un premier temps, loin de s’attacher à vouloir tout dire, au risque de passer à côté de l’essentiel, Elisabeth Barrillé ne s’attache qu’aux évènements les plus marquants. En les disposant comme des repères, dans le destin si riche d’Anaïs Nin, Elle sollicite l’auteur en le poussant à comprendre ce qui sourd de toutes les pages de ce récit : une énergie de vivre et d’écrire incroyable, un destin hors du commun d’une femme résolument en avance sur son temps, une femme qui, même si amoureuse passionnée, n’en était pas moins décidée à exister pleinement dans ce monde résolument masculin.

De ce point de vue, Elisabeth Barillé nous dépeint une Anaïs Nin à la modernité urgente, qui, dans notre époque troublée, s’impose comme un personnage nécessaire.

Dans un deuxième temps, loin d’être dans une pure narration, Elisabeth Barillé va beaucoup plus loin en donnant la parole aux différents protagonistes qui auront croisé ce destin d’exception. Loin d’un simple portrait monolithique, c’est au contraire l’ébauche d’une femme vue au travers du prisme d’une multiplicité de regards qui se dessine devant nous. Une femme saisissante et insaisissable, complexe, énigmatique, que même des heures durant à lire son journal, cette œuvre si authentique mais pourtant si pleine de faux semblants, de chausse-trappes, et d’alibis, ne pourra suffire à synthétiser.

« Je mens dès que je ressens la nécessité de stimuler ma propre vie. »

Une vie qui nous emporte, nous comble, aussi sûrement que le plus grand des romans. Cette biographie de Anaïs Nin est tout simplement indispensable.